Agenda

AGENDA 2009-2010 de SAINT-LUC Marseille 
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samedi 14 novembre
16h30 Formation : Les femmes dans la Bible
18h30 Eucharistie avec homélie


dimanche 15 novembre, 10h-12h
Ptit Déj

mardi 17 novembre, 20h30-22h30
Conseil de Communauté

samedi 21 novembre
16h30 Formation : L'Amour dans la vérité
18h30 Eucharistie

dimanche 22 novembre, 9h-14h
1/2 Journée sur la liturgie et le sacré

samedi 28 novembre
15h30 Caté & Aumônerie
18h15 messe en Fête

vendredi 4 décembre
Vendredi de Saint-Luc
(heure et thème à préciser)

samedi 5 décembre
16h30 Formation : LHistoire dans l'Eglise
18h30 Eucharistie


jeudi 10 décembre, 20h30-22h30
Conseil de Communauté

samedi 12 decembre
16h30 Formation : Les femmes dans la Bible
18h30 Eucharistie

samedi 19 decembre
16h30 Formation : L'Amour dans la vérité
18h30 Eucharistie

dimanche 20 décembre, 9h-12h
Ptit Déj

Année 2010

mardi 12 janvier, 20h30-22h30
Conseil de Communauté

samedi 16 janvier
16h30 Formation : L'Amour dans la vérité
18h30 Eucharistie

dimanche 17 janvier, 9h-12h
Ptit Déj

jeudi 4 février, 20h30-22h30
Conseil de Communauté

vendredi 5 février
Vendredi de Saint-Luc
(heure et thème à préciser)

samedi 20 fevrier
16h30 Formation : L'Amour dans la vérité
18h30 Eucharistie

dimanche 21 février, 9h-12h
Ptit Déj

mardi 9 mars, 20h30-22h30
Conseil de Communauté

dimanche 14 mars
Journée de prière, animée par Vincent 

samedi 20 mars
16h30 Formation : L'Amour dans la vérité
18h30 Eucharistie

dimanche 21 mars, 9h-12h
Ptit Déj

dimanche 18 avril, 9h-12h
Ptit Déj

mardi 20 avril, 20h30-22h30
Conseil de Communauté 

vendredi 7 mai
Vendredi de Saint-Luc
(heure et thème à préciser)

dimanche 16 mai, 9h-12h
Ptit Déj

mardi 18 mai, 20h30-22h30
Conseil de Communauté 

samedi 29 mai
Assemblée Générale

jeudi 10 juin, 20h30-22h30
Conseil de Communauté 

dimanche 20 juin, 9h-12h
Ptit Déj
 

Rappel : célébration eucharistique chaque samedi 18h30

Vidéos

Visionnez les vidéos de l'actualité religieuse
Emission "Le jour du Seigneur"

Vie à St-Luc

Méditations

Dimanche 22 octobre 2006
MEDITATION SUR LES TEXTES DU 26ème DIMANCHE :
Mc : IX, 38/43 ; 45 ; 47/48. Lettre de Jacques : V, 1/6.  Nb : XI, 25/29.

Ce n’est plus très habituel dans l’Eglise, mais comme il en est largement question dans l’Evangile, je vais vous parler de l’Enfer.

Dans ce texte, on distingue deux parties bien nettes.
- La première très optimiste avec cette phrase qui ouvre beaucoup de perspectives : « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. » Et cette deuxième phrase : « Un seul verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, ne restera pas sans récompense. »
- La deuxième partie, au contraire, apparaît très négative : une seule faiblesse en nous mène à la Géhenne.

Ces deux parties apparaissent totalement étrangères l’une à l’autre.  Mais il n’en est rien.

Je me suis souvent posé la question de l’existence de cette Géhenne. Souvent, on l’élude. On évite ces textes, et pourtant l’existence de cette Géhenne figure dans les quatre évangiles. De plus, dans Matthieu et Marc, le thème est repris je ne sais combien de fois et occupe une grande part de ces évangiles.

Il y a quelques temps, j’ai essayé de creuser un peu ces passages. En supposant que la Géhenne soit un lieu, ce lieu est défini ainsi : « Là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. » .
J’ai découvert que c’est ce lieu lui-même qui est éternel, c’est-à-dire un lieu dont on ne peut pas changer l’existence. Il est établi pour toujours, comme le système solaire par exemple. Ce leu en lui-même est éternel, mais pas la condamnation des personnes.
Bien sûr, le mot jeté est employé par trois fois, allusion au symbole trinitaire dans les Evangiles.  Quand on jette quelque chose, c’est d’abord pour s’en débarrasser.  Mais n’est-ce pas récupéré quelque part ? pour une utilité  différente ? La personne est  jetée, mais on ne dit pas qu’elle est irrécupérable.
Si on poursuit avec l’optimisme de la première partie –car Jésus ne dit pas « Celui qui n’est pas pour nous est contre nous. »-  on peut aussi en déduire que si Jésus ne dit pas que la personne devient pour toujours irrécupérable, c’est qu’à un moment ou à un autre elle sera récupérée.

De plus, il est question de récompense dans la première partie. Là, dans la deuxième partie, il est question de châtiment, mais d’un châtiment qui, en réalité, n’est pas une condamnation, mais une purification. Le symbole du feu, comme celui de l’eau, est à la fois destructeur et purificateur.

Qui est passible de la Géhenne
•    Celui qui entraîne un innocent à faire le mal ;
•    Celui qui, par faiblesse, est lui-même entraîné au péché ;
•    Mais la Lettre de Jacques est plus explicite : non seulement est
passible de la Géhenne celui qui pose un acte de malveillance, comme cette atteinte à la justice et à la confiance des ouvriers dont le salaire n’a pas été payé, mais aussi celui-qui, en se refermant sur ses richesses, ne prend pas conscience, ni du mal fait aux autres, ni même de leur existence : « Vous avez fait bombance pendant qu’on massacrait les gens. »
Cela rejoint un peu le texte de Lazare et du riche. Le riche s’est fait une prise de conscience assez vague de l’existence des pauvres. De plus, cette vague prise de conscience a disparu dans l’oubli et l’indifférence, étouffée par une existence centrée uniquement sur l’amas des richesses ou par une vie de plaisir et de luxe.
De plus, pour Saint Jacques, ce mépris des autres peut aller jusqu’au meurtre.

Donc on ne dit pas où se trouve ce lieu. Mais la Géhenne est peut-être très nuancée dans le choix des personnes et –si je puis dire- dans leur durée de séjour.
Ce lieu peut être au sein de notre propre existence. Si Dieu crée son Royaume de la Vie Eternelle en nous et au-delà de nous, c’est peut-être nous qui créons l’Enfer en nous, et hors de nous (car quelquefois nous le créons chez les autres).
Sur la terre, il y a assez d’existences touchées par le malheur, pour y trouver ce qu’on désigne par la Géhenne dans les évangiles.
Mais je reste persuadée que pour chacun l’Espérance demeure au bout du chemin, ne serait-ce que par cette phrase de Jacques : « Vous avez condamné et tué le juste. » Or le juste, c’est Jésus, et Jésus a pardonné à ses bourreaux.

En fait on a créé un absolu là où il n’en était pas question.

Mais le fait d’avoir décrété la condamnation éternelle des personnes à partir de ce genre de texte a provoqué bien des déviations au cours des siècles : l’Inquisition, les croisades, l’instauration des bûchers, la persécution des Protestants… Aujourd’hui encore, des enfants en Afrique sont torturés pour « faire sortir le diable de leur corps. »
Quelquefois il faudrait revoir les mauvaises interprétations, les rajouts, le non-respect des textes par rapport à leurs sources. C’est indispensable pour vivre plus librement la Parole d’Amour et de Pardon contenue dans les évangiles. Au nom de cet Amour, nous sommes amenés intérieurement à nous  couper une main, un pied, à nous arracher un œil… Suivre le Christ, faire nôtre sa Parole, cela oblige à des renoncements quelquefois douloureux, à des remises en question ; c’est loin d’être facile. C’est sans doute ce que l’on veut faire ressortir de ce texte.

J’en reviens à la première partie du texte de l’Evangile. « Il n’est pas de ceux qui nous suivent. » Qui sont donc ceux qui ne nous suivent que de loin, tout en reconnaissant Jésus, si ce n’est comme Fils de Dieu,  du moins comme prophète ou comme un homme de grande spiritualité ?
Cela fait beaucoup de monde, avec une extrême diversité de goûts, d’idées, de cultures, de religions, de façons mêmes d’être disciple.
Jésus est pratiquement reconnu dans toutes les religions du monde. Pour les Musulmans, c’est un prophète ; pour les Juifs, après quelques remises en question, c’est un des leurs, comme appartenant au Peuple Elu ; pour les Bouddhistes, c’est un Bodhisattva, un être qui a développé une compassion envers tous et s’est consacré au bien-être d’autrui.
Certains, à l’intérieur de l’Eglise même, n’ont pas la même façon que nous de vivre leur foi. . Mais Jésus, par ses paroles, montre qu’il tient compte de chaque personne. Cela paraît inimaginable avec plus de 5 milliards d’individus sur la Terre. Mais Dieu n’a pas de frontières ; seul le pouvoir du mal constitue une barrière.

Jésus reconnaît cette diversité comme une richesse. Il nous dit que nous ne détenons pas le monopole de la bonne façon de vivre notre foi, ni le monopole des bonnes actions. Aujourd’hui, l’aide humanitaire apparaît sous le visage de la laïcité et nous apprend à nous situer aux côtés de ceux qui sont athées ou qui possèdent une autre identité religieuse.
« Qui n’est pas contre nous est pour nous. »
Ces paroles de Jésus s’ouvrent sur un avenir inter-religieux, et pour son époque font apparaître aux disciples des horizons nouveaux.
Dans la première lecture il est dit : « Si en chacun de nous pouvait sommeiller un prophète ! »  Ce souhait de Moïse est une réalité potentielle. Je dirais que nous sommes tous porteurs d’un message.
Mais ce message, souvent, nous l’ignorons. Et il apparaît soudain à l’occasion d’un événement fortuit ou parce qu’une autre personne nous le révèle.

Ainsi, à Saint-Luc (Marseille), à force de partages d’Evangile ou de temps de réflexion sur la Parole, nous faisons, sans nous en rendre compte, une relecture des Ecritures adaptée à notre temps, sans rien falsifier des textes initiaux.

Et me reviennent les paroles de Jean-Pierre Courtès : « J’aimerais un Saint-Luc en Egypte. J’aimerais que les musulmans fassent une relecture du Coran comme vous faites une relecture des Ecritures. »

Ça, c’est un message prometteur d’avenir !
Si chacun, dans sa propre religion, faisait une relecture des textes, des écrits, des pensées à caractère violent envers la personne humaine, tout en réactualisant ces textes, alors une unité humaine se ferait, qui irait au-delà de l’unité entre chrétiens ;  cette unité ne prendrait plus sa source dans les croyances de chacun, mais elle partirait de tout ce qu’il y a de bien, de beau, de généreux, de fraternel au sein de toutes les religions du monde, réalisant ce premier commandement du Christ : « Aimez-vous comme je vous ai aimés. »

Ce serait un nouveau départ pour l’unité.
Le souhait de Moïse serait alors réalisé
à une échelle bien supérieure encore à celle qu’il espérait.

Christiane Guès
30 septembre 2006
Par STLUC
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Jeudi 9 novembre 2006
28 octobre 2006
Méditation sur la rencontre de Jésus et Bar Timée (Mc 10,46-52)

Nous venons d?entendre un épisode que la plupart d?entre nous connaissent à peu près par c?ur, à tel point que je suis sûr que chacun de vous s?est représenté la scène dans sa tête et a peut-être même mis un visage sur cet aveugle si célèbre !

Bar Timée est pour nous comme un frère, proche, presque jumeau?

Et si je dis jumeau, ce n?est pas par hasard !
En effet, Mc ? en général très concis ? prend le temps de dire le nom de l?aveugle et de le traduire : Bar Timée, fils de Timée. On peut rétrovertir ce nom en hébreu de plusieurs manières, mais celle sur laquelle je voudrais m?arrêter ce soir est bar teom, fils jumeau.
Avez-vous remarqué que cet épisode se situe juste après la requête de deux frères, les fils de Zébédée (l?évangile de dimanche dernier) et que l?épisode parallèle en Mt met en scène deux aveugles ?! Curieux non ?

Donc, apprenant que Jésus est en train de passer, Bar Timée se met à crier : Fils de David, Jésus, aie pitié de moi !

Or, la tradition juive évoque une espèce de double nature du Messie (qui serait, oserai-je dire, jumeau !) : le Messie fils de Joseph, le serviteur de Dieu, et le Messie fils de David, le chéri (c?est le sens du mot David) de Dieu victorieux.
Le Messie ben Iosseph est toujours présent ? plus ou moins caché ? dans le monde et se manifeste de temps en temps (on pourrait citer des noms?), tandis que le Messie ben David doit venir pour réaliser les promesses de Dieu.
Le ben Iosseph n'a apparemment que des victoires éphémères, comme le serviteur souffrant du prophète Isaïe, alors qu?un texte juif ancien dit : si vous en êtes dignes, c'est le ben David qui viendra. On peut penser qu?alors la victoire du Messie sera durable.
Il me paraît évident que Jésus rassemble en lui les deux caractères du Messie, ben Joseph et ben David. Et ce n?est sans doute pas un hasard si, dans les évangiles, les généalogies de Jésus le montrent à la fois fils de Joseph et fils de David : Jésus est venu, ben Iosseph, et Jésus reviendra, ben David, aux derniers temps.
Et voilà que Bartimée crie : fils de David ! Alors, comment Jésus ne serait-il pas saisi par ce cri hautement prophétique du pauvre mendiant aveugle assis au bord du chemin ?
C?est pourquoi, à ces mots, et alors que tout le monde était sourd aux cris de l?aveugle, lui s?arrête.
Et tout se met tout-à-coup à l?envers ? Bar Timée réécrit la Bible à l?envers ! ? non sans quelques soubresauts ! : l?aveugle, que personne ne voyait, est découvert par la foule, qui essaie de le cacher en le rabrouant, car elle n?a aucune confiance en ce va-nu-pieds? puis lui dit d?avoir confiance en Jésus qui demande qu?on l?appelle. Elle lui dit : courage, lève-toi.
Encore un hasard ? C?est ici, à Jéricho, que Josué avait passé le Jourdain et bondi en Terre promise, sur la même parole : sois fort et plein de courage ! (Dt 31,7.23 ; Jos 1,6.7.9.18)

Cf. Mc 5,41 où Jésus dit à la fille de Jaïre, déclarée morte : talitha qoum, petite fille lève-toi.

Aussitôt Bar Timée ? enfin découvert par Jésus et par la foule ? se découvre lui-même en jetant son manteau, pour courir vers sa terre promise à lui : Jésus? dans le noir, mais vers la lumière !
Je ne suis d?ailleurs pas sûr que tous les lecteurs de cet épisode se soient rendu compte que l?aveugle bondit dans le noir absolu, ce qui est une immense marque de confiance en celui qui l?appelle !

Bar Timée bondit et va vers Jésus, après s?être dépouillé, pour lui demander qu?il le revête de lumière, lui, qui était juif, et qui devait réciter tous les matins : Béni sois-tu, Seigneur qui ouvre les yeux des aveugles? Béni sois-tu, Seigneur (?) qui habille les nus.
Et cette affirmation trouve toute sa force si on remarque qu?une série de jeux de mots en hébreu parcourt cet épisode avec des mots qui s?écrivent tous exactement pareil et qui signifient lumière, se lever (lève-toi du verset 49), prendre courage, se dépouiller (en quittant son manteau, sa peau), être nu, et aveugle !
Bar Timée est comme nu, comme était nu le premier homme qui avait été créé être de lumière et qui se cachait ? parce qu?il était nu ? avant que Dieu le revête de sa peau ; le premier homme, qui cherchait la connaissance absolue et avait seulement connu qu?il était nu.
Bar Timée, lui, a absolument besoin de faire le chemin inverse : de quitter sa vieille peau et de dire à Jésus qu?il veut ouvrir les yeux sur la lumière, redevenir un être de lumière, car il se connaît ? lui ? et sait qu?il est aveugle.
Il est évident ici que la connaissance de sa propre cécité (réelle et symbolique) par Bar Timée est indispensable à sa guérison, et en cela il n?est pas semblable aux pharisiens à qui Jésus disait : si vous étiez aveugles vous n?auriez pas de péché ; mais vous dites nous voyons ! Votre péché demeure (Jn 9,41).

Jésus pose alors à Bar Timée La Question, la seule qu?il pose l?homme : que veux-tu que je fasse pour toi ?
C?était, quelques versets avant cet épisode, celle qu?il posait à Jacques et Jean, les fils de Zébédée, qui lui avaient dit : Maître, nous voulons que tu fasses pour nous ce que nous allons te demander. (Mc 10,35-36) Inlassablement Jésus demande à l?homme ce qu?il désire, même quand les pensées de l?homme sont tordues?

C?est aussi, dans le Premier Livre de Samuel, la question de Jonathan à David, alors que Saül vient d?attenter à la vie de David ; littéralement : que veut ton âme (ton désir), je le ferai pour toi ? (1S 20,4).
Peu avant, on lisait déjà : Lorsque (David) eut fini de parler à Saül, l?âme de Jonathan [fils de Saül] s'attacha à l?âme de David. (?) Jonathan conclut un pacte avec David, car il l'aimait comme lui-même : Jonathan se dépouilla du manteau qu'il avait sur lui et il le donna à David, ainsi que sa tenue, jusqu'à son épée, son arc et son ceinturon (1S 18,1-4).

Ce texte est sans doute une clé de l?interpellation surprenante de Bar Timée vers Jésus : il se dépouille de son manteau pour bondir vers le fils de David, avec qui il va conclure un pacte d?amour pour le reste de sa vie. Mais là encore le Premier Testament est mis à l?envers : c?est Jésus-David qui pose la question à Bartimée-Jonathan !

Et de même que les rapports de David et Jonathan sont très affectueux (ils sont comme des jumeaux, inséparables), l?âme de Bar Timée va s?attacher à celle de Jésus, alors qu?il s?est dépouillé pour aller vers lui.

Bar Timée, fils jumeau ?? Bar Timée ? fils jumeau ? veut voir?
Comme un autre personnage très connu des évangiles : l?apôtre Thomas, dit Didyme, c?est-à-dire jumeau ! Mais Thomas, lui, ne voulait pas se contenter de voir : il voulait toucher !
Eh oui ! La foi de Bar Timée est plus grande que celle de l?apôtre !

Mais il n?est pas dit que Thomas a effectivement touché les plaies de Jésus, qui lui dit : parce que tu me vois, tu crois? (Jn 20,29).

Ses yeux sont ouverts et il voit Jésus !
Là s?arrête l?histoire, ou plutôt : là commence l?histoire, la vraie vie de bar Timée !

Et nous, nous voyons quoi dans tout cela ? Est-ce que cela nous ouvre les yeux ?

Est-ce que nous sommes capables de crier dans le noir vers Jésus, de tout laisser tomber pour courir vers lui, ou plutôt vers sa voix qui appelle, là-bas, mais nous ne voyons pas très bien où? ?
Est-ce que nous sommes prêts, si nous avons fait le chemin jusqu?à lui, à l?entendre nous demander : que veux-tu que je fasse pour toi ?
Et est-ce que nous savons ce que nous voulons qu?il fasse pour nous ? Ou est-ce que nous avons peur qu?il le fasse ?! Ou surtout peur de ce qu?il nous demandera après avoir fait ?

C?est que nous n?avons pas suffisamment remarqué qu?il ne demande rien à Bar Timée, pas plus qu?à la femme adultère, ou à d?autres, sinon d?aller : va ! Et après avoir ressuscité Lazare, il dit à ceux qui sont là : déliez-le et laissez-le aller !

Jésus n?est pas un gourou qui essaierait de nous embrigader ; il nous appelle ? simplement ? à vivre dans sa lumière, là où nous sommes, là où nous irons? Alors n?ayons pas peur ! Courons vers lui dans notre nuit et nous serons comme le peuple dont parle Isaïe : celui qui marchait dans les ténèbres et a vu se lever une grande lumière.

Et rien ne nous empêche de décider de faire comme Bar Timée, notre frère jumeau à nous tous, pauvres mendiants aveugles que nous sommes : avez-vous remarqué que Jésus lui dit va ! et que Marc ajoute que [Bar Timée] suivait Jésus sur la route?
Pourquoi pas nous ?

Je nous souhaite à tous une aussi bienheureuse désobéissance aux ordres du Seigneur !

Amen !
René Guyon

Par STLUC
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Dimanche 18 février 2007
Méditation pour le 4ème Dimanche du Temps Ordinaire

Jérémie 1, versets 4 à 19.
I Corinthiens, 12 verset 31 à 13 verset 13.
Luc 4, versets 21 à 30.
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Tout d’abord, je vous propose deux grands axes qui charpentent, qui soutiennent ces trois textes :

I
Jérémie a entendu le Seigneur lui dire :
« Avant même de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais. »
C’est formidable, ça, quand on y pense !
C’est dire que Dieu nous connaît, il s’occupe de nous tout entier, toute entière,
de toute éternité,  pour toute notre vie, avant  et au-delà ;
chacun et chacune de nous, il l’a toujours connu(e), il s’en est toujours occupé ;
chacun et chacune de nous, il le la  connaîtra toujours, il s’en occupera toujours.

   II
Luc a su ce qu’avait fait en son temps Dieu par le prophète Elie :
« Par un temps de sécheresse et de famine, il y avait beaucoup de veuves en Israël . pourtant Elie n’a été envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien vers une veuve étrangère » …  « Il y avait beaucoup de lépreux en Israël, pourtant aucun d’eux n’a été purifié, mais bien un Syrien (un étranger). »
Non seulement nous-même tout entier, mais tous les hommes et femmes, absolument tous… y compris les « étrangers »… et alors ses auditeurs supportent mal, jusqu’à vouloir le mettre à mort !

Donc, tout l’être humain, et tous les êtres humains.
(je crois qu’un pape avait dit ça également)
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Je vous propose de voir de plus près quelques aspects  des trois textes de la liturgie de ce soir :

JEREMIE

Dieu lui dit : « Je fais de toi un prophète, ne tremble pas »
Ne tremble même pas devant les chefs, les dignitaires, les gouvernants, et même devant tout le peuple,  avec ses expressions épidermiques, superficielles, débilitantes, celles que nous qualifions aujourd’hui de ‘people’, ou de ‘ beaufs’, telles que :
« Toi tu ne fais rien comme les autres ; il n’y a personne qui pense comme toi.  Les gens sont méchants, c’est chacun pour soi. « Ils »  sont tous pareils, on n’y peut rien, c’est comme ça ; ça a toujours été comme çà ! Il faut de tout pour faire un monde» etc, etc. Combien toutes ces phrases à l’emporte-pièce nous irritent, nous déçoivent, risquant de nous faire « baisser les bras ».
Mais Dieu dit à Jérémie,  Dieu NOUS dit :
 « Ne tremble pas, je suis avec toi, pour te délivrer »,
Et en lisant cela  j’ai personnellement mieux compris en quoi le Seigneur est sauveur, libérateur : nous sommes entourés de ces pauvretés, de ce mal, mais quand nous sommes aux prises avec tout ce négatif, il nous accompagne, il nous soutient, il nous conforte et il nous réconforte, jusqu’à nous prendre avec lui, puisqu’il a dit : « J’attirerai tout à moi. »

Aux côtés de Jérémie ainsi conforté,
nous voilà bien loin des jérémiades qui nous guettent parfois, car Dieu nous dit :
« Ne tremble pas, je suis avec toi, pour te délivrer »

PAUL

L’Hymne à la charité, l’hymne à l’amour
« Quand on n’a que l’amour ! »
« J’aurais beau être prophète… avoir toute la science, la connaissance,  la Foi ( !), (oui, même la Foi), s’il me manque l’amour, je ne suis rien. »
Ce texte est très connu, n’en faisons pas pour autant une suite de slogans.

Nous sommes invités à décliner les différentes facettes de l’amour : il prend patience ; il rend service… n’entretient pas de rancune, etc.
>>>>> chacun/chacune de nous peut ainsi essayer de se rectifier, de s’améliorer, pour entrer de mieux en mieux dans l’Amour.
« L’amour ne passera jamais », je comprends cela comme : l’amour ne sera jamais remisé au passé, aux archives, il ne disparaîtra pas de notre vue.
« Notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles » Attention, au fur et à mesure de nos vies,  nos étapes ont toutes été importantes pour nous construire ; nous ne sommes plus des enfants, nous ne devons pas nous conduire comme des enfants, mais notre enfance nous a nourris, notre cheminement constant nous a formés.
>>>>> Par exemple, lorsque quelqu’un décède, ses proches et ceux et celles qui l’ont connu(e) ont besoin de rappeler ses étapes de vie, qui l’ont construit(e) : tel est passé par le scoutisme, telle par l’Action Catholique des enfants (à l’époque c’étaient les Cœurs Vaillants ou les Ames Vaillantes), tel passe ou est passé  par la Vie Nouvelle, l’A.C.O.,  les Equipes Enseignantes et même par la  non croyance.
C’est le chemin d’amour, pour chacun chacune de nous, ce fut la recherche nécessaire, c’est la recherche nécessaire, non pas « d’un impossible amour », comme chante Jacques Brel, mais d’un amour toujours plus grand, par delà connaissances et prophéties, mais construit par elles.
Beaucoup de secteurs de nos vies sont partiels,
-comment pourrait-il en être autrement puisque nous sommes en état d’achèvement-
mais
 «  nous verrons face à face »
comme dit Paul aux Corinthiens.

LUC

« Aucun prophète n’est bien accueilli dans son pays »
Et pourquoi donc ? Peut-être parce que ses concitoyens s’attachent trop aux étapes de sa vie ? S’il lui est arrivé de sonner aux portes sur le chemin de l’école (comme cela m’est arrivé !),  les habitants concernés n’ont peut-être retenu que ça,  il n’est pas sérieux ! il a manipulé les planches dans l’atelier de son père, ses concitoyens le considèrent comme un manuel, un « primaire », qui n’a de leçon à donner à personne…
Bref , les auditeurs éventuels ne sont pas prêts à entendre tout ce qu’il dit. Or,  tout à coup il « sort de sa boîte » d’enfant pour enseigner dans la synagogue de la commune. Ils sont particulièrement rétifs s’il s’aventure hors des chemins battus du «soi-disant « bon sens populaire ». « Ah non, alors, si en plus il préfère les étrangers, c’est intolérable ! Pour qui il se prend ? » Et ils vont jusqu’à l’agresser.
« Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin »
Son chemin… il sera le nôtre, si nous le voulons bien, car de toutes manières, Jésus nous promet :
« Je suis avec toi »
+++++++++++++++++++

Terminons par quelques phrases de ces textes, et d’autres :
         
« Avant même de te former dans le sein de ta mère, je te connaissais. »
Tout l’homme, et tous les hommes
 
« Je fais de toi un prophète, ne tremble pas »
« Ne tremble pas, je suis avec toi, pour te délivrer »
  
« J’aurais beau être prophète      
s’il me manque l’amour, je ne suis rien. »
« Quand on n’a que l’amour »

« L’amour ne passera pas », il ne sera jamais balayé de la Terre

« Notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles »
mais
 «  nous verrons face à face »

« Le Seigneur soit avec vous ! »

« Car je suis avec toi »

« Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin »

« J’attirerai tout à moi. »

Méditation par Jean-Pierre Reynaud, à Saint-Luc
Samedi 27 janvier 2007 –  Année C
Par STLUC
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Dimanche 27 janvier 2008
Méditation samedi 26 Janvier 2008
ISAÏE, 23-9,3 ; Psaume26 ;1 CO  1, 10-13-17 ; Matt 4, 12-23

Dans ces textes, on nous parle de changement radical, d’un passage radical des ténèbres à la lumière. Isaïe fait référence à deux des douze fils de Jacob, Zabulon et Nephtali, dont les tribus descendantes ont dû souvent faire face à des invasions étrangères. Et voila qu’elles ont connu la gloire et «  Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ».

Matthieu évoque cette sorte de renaissance, d’illumination qu’ont connu ces territoires, comme une annonce, un accomplissement de  la venue de Jésus dans ces mêmes terres. « Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe ».

Puis avec Jésus on parle de Conversion.
De quelle conversion ?
Sur une simple parole de Jésus : »Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes », Simon, André, puis Jacques, Jean, laissent leur travail, leur famille et suivent Jésus, changent radicalement de vie. Qu’est-ce qui a bien pu attirer, je dirais même aimanter ainsi ces hommes pour qu’ils laissent tout ce qui faisait leur vie jusqu’ici, sans apparemment se poser trop de questions ? Quelle « lumière » irrésistible les a aspiré ainsi ?

Une autre question se pose à moi, à nous : suis-je prête à changer radicalement de vie ainsi, à remettre en question ma vie de famille, mon travail, mes engagements ?
On imagine l’incompréhension  des amis, de la famille, de l’entourage qu’ont dû subir ces hommes. Et comment étaient-ils sûrs de ne pas se tromper ?
Moi, dans ma  modeste vie, je suis aussi appelée à me convertir, à suivre cette Lumière. Le tableau peint par Roger montre bien notre humanité happée par cette lumière, attirée irrésistiblement.

Nous sommes sur terre, créés, pour 3 choses essentielles : pour Aimer, pour Servir et pour la Joie.

Pour moi, cette lumière irrésistible vers laquelle nous sommes tous appelés à marcher, est empreinte d’Amour, nous avons chacun en nous un désir d’ : « accomplir l’extrême Amour qui est en nous ». »Ne cherchez pas à réussir, nous dit Jésus mais à accomplir, accomplir l’Amour en moi dans la situation où je suis. On imagine que ce doit être cet Amour absolu que les apôtres ont perçu chez Jésus et qui les a attiré irrésistiblement.

Aimer, c’est Servir, c’est avoir le courage de mettre la main dans les blessures de mes frères et de ma propre vie : »J’étais malade et tu es venu » ; Aimer l’Autre, c’est le Servir, à la manière de Jésus.  Jésus n’a posé que des petits gestes, en guérissant ici, en parlant là, en chassant de l’esprit les démons de la haine, de la jalousie, des disputes.
 
Stan rougier nous dit dans: « Quand l’Amour se fait homme »
« Pour Jésus, aimer consiste à partager son pain avec l’affamé, ses habits avec le va-nu-pieds, sa maison avec le sans-logis, sa réputation avec celui qui est déshonoré, son travail avec celui qui est chômeur. Aimer, c’est passer un après-midi avec un malade ou un homme en prison.
Pour Jésus, aimer c’est accueillir en plein banquet officiel, une femme de mauvaise vie dont les gestes compromettent gravement sa réputation de maître spirituel. C’est embrasser avec émerveillement des gosses bruyants.
Pour Jésus, aimer, c’est interrompre un voyage pour un blessé inconnu, l’emmener à l’hôpital et dire : »envoyez-moi la note de frais. »
Pour jésus, aimer, c’est accueillir un fils fugueur et noceur avec des larmes de joie, sans un mot de reproche. C’est confier une mission d’apôtre à une samaritaine dont la vie est loin d’être exemplaire... »

Pour Jésus, aimer, c’est poser un geste en appelant les 12 apôtres, et par là appeler l’humanité.
C’est dans la relation à l’autre qu’on vit l’Amour et le service, de même que Jésus s’est donné à l’humanité à travers la relation aux apôtres, qu'il a appelés à être des « pêcheurs d'hommes ». 

Mère  Thérésa dit :
« C’est la personne qui compte. Je crois aux rencontres face à face. »

Pour le philosophe Levinas, le visage d’autrui donne, est le sens moral de notre existence. La voix de Dieu est dans le visage d’autrui, la bonté ne se traduit pas par des idées ou des oboles, mais par une attitude de vie, un souci de l’autre vécu au quotidien.

  Et pour revenir à Mère Thérésa : p 78-2,
 «  Dieu ne te demandera pas combien de livres tu as lu ; combien de miracles tu as accompli. Il te demandera si tu as fait de ton mieux, pour l’amour de Lui. Peux-tu en toute sincérité dire : »j’ai fait de mon mieux ? »Même si le mieux peut se révéler un échec.… »

Et enfin notre vocation à tous est une vocation de joie, nous avons été créés pour la joie d’exister. »Une lumière a resplendi. Tu as  prodigué l'allégresse, tu as fait grandir la joie». Isaïe
 Jésus nous appelle à cette joie, ces hommes ont dû ressentir une immense joie à écouter Jésus, à le voir guérir. Et ils l'ont librement suivi, « ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne ». 
Un service sans joie n’est que corvée, un service sans respect est un abus de pouvoir. On en est peut-être là dans la communauté de Corinthe, peut-être ont-ils perdu le sens de l’évangile qui appelle à la joie et au service de l’autre,  cet autre qui peut devenir un obstacle et venir à l’encontre de ma toute puissance.
La lumière semble s’être effacée chez les membres de la communauté de Corinthe, Paul vient leur rappeler l’annonce de l’évangile, la Bonne Nouvelle de l’Amour donné en Dieu. Sommes nous vigilants à garder en nous cette lumière vers laquelle nous tendons? Sommes nous vigilants à garder la flamme d’Amour et de Joie en nous?
Maurice Zundel écrit
« Dès qu’on cesse de s’effacer dans la Divine Pauvreté, dès qu’on cesse de voir en Dieu l’amour qui se donne et ne peut que se donner, dès qu’on cesse de vivre cet amour en se donnant soi-même, c’est fini ! Cette lumière s’efface, tout le dogme redevient une formule et se matérialise, tous les sacrements se changent en rites extérieurs, toute la hiérarchie devient une tyrannie, toute l’Eglise devient une perte de temps et une absurdité, toute la bible un tissu de mythes ! »

Cet Amour absolu, cet appel au service de l’autre et cette joie profonde et indescriptible résident en Dieu,
Et Dieu est dans le Christ : « Je suis la lumière du monde »,
Et le Christ est dans l’histoire des hommes, dans mon histoire
Le Christ vient me chercher dans ma vie, dans mon intimité, dans ma famille, dans mon histoire, là où j’habite, où je travaille. Jésus nous rencontre dans notre humanité, il incarne Dieu en nous. Dieu est toujours particulier, d’ailleurs il ne s’est pas fait seulement homme, mais galiléen, il a pris corps dans un lieu, quelque part. Il a renoncé ainsi à être partout avec un risque de toute puissance.
Ainsi Dieu m’appelle. Pensons nous au malheur qui réside dans le fait de n’être appelé par personne, être appelé veut dire qu’on nous fait confiance, on a besoin de nous, quelqu’un a cru en nous. Tout appel a goût de Dieu parce qu’on est mis debout, on existe, cela crée joie  malgré quelques soupirs, contradictions inhérentes à tout homme !  Mais la joie profonde prend le dessus et, si cela me rend heureux,  me met en paix, au calme et donne du fruit, c’est que c’est bon. Une force intérieure m’est donnée. Je suis touchée même si je ne sais pas d’où cela vient. Alors, comme le dit le Psaume d'aujourd'hui : « J’habite la maison du Seigneur, qui est ma lumière et mon salut, le rempart de ma vie ».
Mais cela ne sera peut-être pas ce que je pensais pour moi, mon projet est bousculé, l’appel vient me provoquer, me mettre en crise, en rupture avec l’ordinaire. Jésus se laisse aussi provoquer par les malades, les infirmes. Peut-être aurais-je à me réconcilier avec moi-même. J’imagine que les apôtres étaient loin de savoir ce qu’ils allaient vivre, mais je ne suis pas seul maître à bord et  je dois apprendre à me rendre en quelque sorte indifférente pour être  disponible aux appels.
A ce propos, une phrase de l’Evangile m’a toujours frappée : « Vous êtes des serviteurs inutiles »
C’est ma responsabilité et ma liberté qui sont sollicitées pour répondre à cet appel intérieur. Je suis appelé à devenir ce que je suis et non ce que je voudrais être, le summum de l’humilité est de se recevoir tel qu’on est. Jésus s’est reçu de son père »Qui m’a vu a vu le père ».

Chacun de nous, nous sentons nous à notre juste place, ajusté comme créature et fille, fils de Dieu ? Qu’est-ce qui nous rend actuellement profondément heureux ? Avons nous la joie d’être appelés, sortis des ténèbres et attirés par cette grande Lumière ?
Sommes nous prêts à y répondre? Quitte à changer notre vie?

Christine F.

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Par STLUC
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Dimanche 1 février 2009

Célébration du Samedi 23 Janvier 2009

Méditation par un laïc

« Conversion de Paul », par Denis Pophillat*

 Il y aura  3 ans à Pâques , j’ai fait ma 1ere méditation ici et, évidemment, puisqu’on était le 1er dimanche de Pâques , le texte de l’évangile était ce qui précède directement ce que l’on vient d’entendre ;  il n’y avait pas l’envoi des disciples en mission.
Ceci n’a pas beaucoup d’intérêt me direz-vous, sauf que pour moi, avoir à commenter 2 textes qui se suivent directement dans la durée avec autant d’intervalle de temps et à des moments liturgiques aussi différents, m’interpelle au niveau du vécu ; mais, passons !

Bon, nous fêtons aujourd’hui la Conversion de St Paul, ce qui n’est pas mentionné dans l’Evangile, et pour cause. 

En revanche la lecture du récit de la Conversion de St Paul dans les Actes des Apôtres m’a fait réfléchir sur ce qui pourrait être une erreur de casting » de la part de Jésus, ou de son  Père, et par voie de conséquences sur les « loupés de Dieu » ;

Je m’explique : au début est la Création ; Dieu s’ennuie, seul, dans son Infinitude et donc il crée le monde et tout ce qui va avec, et enfin, l’Homme qu’il crée à son Image. 

A sa ressemblance seulement, puisque homme et femme il les créa, et je vous rappelle ce qui nous a été dit au Mistral la semaine dernière : la Trinité c’est : le Père, le Fils  et l’Esprit mais pas MARIE.
Donc pas de femme en Dieu, enfin je veux dire pour nous Dieu n’est pas Femme. 

C’est certainement pour cette raison que chez nos frères, les Juifs, et chez nous les chrétiens, la femme occupe une place aussi importante : il y a  Marie, la mère de Dieu , Marie Madeleine (c’est ma préférée car pécheresse mais tellement aimante) , les 2 Thérèse (Avila et Lisieux) que l’Eglise a élevées au rang très « select » de « Docteur de l’Eglise » etc. , etc. …j’allais oublier  que pour un St Augustin on a une Ste Monique !!!

Ca c’est pour l’histoire de l’Eglise, parce que dans la réalité d’aujourd’hui…. mais passons, ce n’est pas le propos maintenant.

Donc Dieu a créé le monde, mais, manque de chance pour lui, la femme émancipe l’homme (on peut remarquer au passage que Eve invite Adam à accéder à la connaissance ; la femme serait le vecteur du Savoir …et c’est pour ça qu’on bombarde les écoles de filles ?) … Je ferme la parenthèse.
Tout le bel ordonnancement de  Dieu tombe à l’eau et le voilà obligé de tout reprendre à zéro ou presque.
Il élimine toute créature vivant sur terre (la fameuse Affaire Noé relatée dans Genèse Ch. 7) à l’exception d’un couple de chaque, femme et homme compris.

Donc d’après les Ecritures Dieu n’a pas réussi du 1er coup sa Création. IL a été obligé de reprendre sa copie partir de la création du vivant et là une réflexion s’impose : s’il ne l’a reprise qu’à partir de là c’est que le reste lui semblait parfait.
Donc les catastrophes naturelles sont du domaine du parfait, vaste sujet que j’aimerai évoquer en profondeur à St-Luc un jour ...Mais je m’éloigne du sujet encore une fois.

Dieu a donc connu un échec relatif mais Jésus ?

Franchement pas, d’après Olivier Bobineau, au Mistral les Vendredi 16 Samedi 17 janvier ; puisque partis de 12 en l’an 30, nous serions aujourd’hui environ 1 200 000 000,  jolie progression ! 

Oui mais voilà ; sur les 12 que Jésus a appelés combien ont été irréprochables ?
Deux sortent du lot si je peux dire : Jean et Judas.
Jean, c’est le « Agnan » du Petit Nicolas avant la lettre, le préféré de Jésus, c’est lui-même qui le dit.
Et Judas n’en parlons pas c’est le traitre ;
Mais les autres ?

A Gethsémani ils ont été trop contents d’entendre Jésus dire à ceux qui venaient l’arrêter « laissez les partir » 

Ils ne se sont pas interposés, sauf Pierre, je sais,  qui avec bravoure a tranché l’oreille, mais il s’est bien rattrapé après avec son triple reniement.

Et après la condamnation, après la mort et la mise au tombeau de leur Maitre que font-ils ? 

ILS SE PLANQUENT 

Il n’y aura que les femmes qui oseront sortir pour finir la toilette du mort. Oui, je sais, ça devait faire partie de leurs attributions, mais, enfin… !

En tout cas c’est à elles, à Marie Madeleine que Jésus se manifeste en 1er pas aux hommes ; On peut m’objecter ce que l’on voudra c’est comme ça.
Quand Marie Madeleine revient révéler aux planqués, pardon, aux disciples, La nouvelle, 2 se précipitent : Pierre, quand même, et évidemment Jean, celui qui fait toujours bien..
Mais Pierre quand il regarde dans le tombeau, quand il voit, il reste perplexe, il n’est que perplexe, il ne croit pas ce qu’il voit. Et il a fallu que Jésus se manifeste à plusieurs reprises et envoie son Esprit pour que son équipe enfin comprenne et se mobilise.

Et tout au long de leur vie à côté de Jésus ça a été comme ça ; Ils ne comprenaient rien à rien… Souvenez-vous du lavement des pieds « alors pas seulement les pieds  etc., etc.…Jean Ch.13 »

Tout ça pour dire que la belle équipe a réuni autour de lui, ça n’est que doutes, reniements et j’en passe…, globalement des types comme moi ; vous, je ne sais pas.
Il les a choisis parce qu’ils étaient des hommes avec leurs doutes, et Jésus   lui-même a douté : « Père si cette coupe…oui je sais il ajoute immédiatement : pas ma volonté mais la tienne » mais quand même…

Et Jésus de dire à ses disciples : « Allez enseigner au monde entier »,
seulement voilà pour eux le monde c’est le monde Juif, normal pour un Juif.
Alors il a fallu que Dieu, une fois encore revienne légèrement sur sa copie. Il lui a fallu trouver quelqu’un qui soit différents des autres, et c’est pour cela que Paul a été choisi.

Paul, le seul apôtre à devenir l’égal de Pierre, sans avoir connu Jésus, mais en ayant reçu son enseignement directement du Christ (Galates Ch. 1 v12).
Paul qui reçoit le baptême et est lavé de son péché en invoquant le nom de Jésus, on vient de le lire.
C’est aussi celui qui s’est mis en route immédiatement vers le monde païen (épitre. Galates).

Les 2 textes du jour sont d’une grande concordance.

Le baptême dont parle Jésus c’est le sien, le baptême dans l’Esprit (toujours dans Marc, mais au début: « moi je vous ai baptisés dans l’eau, dit Jean, mais lui vous baptisera dans l’Esprit saint».
Et plus immatériel que l’Esprit Saint, y a pas, je crois, et ça, j’aime beaucoup, parce que ça ne fait pas référence à une quelconque Eglise.

Je voudrais ici rapporter des propos de M Armand Abecassis, professeur de Philosophie, entendus lors d’une rencontre sur le Dialogue Inter religieux au Mistral.
« A l’Eucharistie Jésus a brisé l’unité du pain pour donner à chacun un morceau, pour que chacun aille se répandre dans le  monde et profiter de la culture de chaque peuple, sans le convertir, et faire lever la pâte. Il leur a dit d’aller orienter l’humanité vers Dieu et de la laisser y aller par son propre chemin, pourvu qu’elle y aille. »

Là nous sommes bien loin de Rome et de ses démêlées avec les évêques excommuniés, mais tellement proches de ce que nous avons vécu la semaine dernière.

Nous avons vu, et ça nous a fait un bien fou, que ce que nous croyions unique à St-Luc, se pratiquait aussi, ailleurs, non seulement à Marseille mais plus loin encore, donc partout.

Nous avons à œuvrer maintenant  pour que cette pâte que nous avons dans les mains, ce morceau de l’Unité du Christ, nous le fassions lever avec les autres, et pas seulement nos autres à nous, mais ces autres qui nous sont encore inconnus, en gardant bien en mémoire que ce n’est pas le chemin emprunté pour aller à Dieu qui importe, mais c’est d’aller à Dieu. 

Nota *(laïc de base qui refusera jusqu’au bout de se prendre au sérieux)

Par STLUC
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