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Agenda

 

 

AGENDA de SAINT-LUC 2015/2016

Célébration eucharistique chaque samedi 18h30
(sauf pendant les vacances d'été)   
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Vendredi 8 Janvier de 19h à 20h30
chapelle de l'hôpital de la Conception
Une conférence-débat :
La relation d'aide destinée aux personnes en fin de vie
par François Buet prêtre et médecin en soins palliatifs
à la clinique Sainte-Elizabeth
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Samedi 9 Janvier de 16h30 à 18h
Réunion Bible sur les "Midrashim"
animée par René Guyon bibliste
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Samedi 16 janvier de 16h30 à 18h
Libres échanges autour de la bulle
"Le Visage de la Miséricorde"
du pape François
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Permanence

Permanence d'accueil à Saint-Luc

Vendredi : 16h à 18h 

23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 08:03

"Il s'agit de Jésus le Nazaréen... Il est passé en faisant le bien.

Dieu L'a ressuscité des morts." (Actes des Apôtres)


Introduction


Au matin de Pentecôte, Pierre s'adresse ainsi à la foule cosmopolite présente à Jérusalem, chacun tout étonné d’entendre dans sa langue maternelle les propos du pêcheur de Galilée. A chaque époque se renouvelle le défi de l'annonce de l'Évangile : proposer la personne de Jésus le Nazaréen, dans son mystère, dans son unicité, dans sa beauté profonde, dans sa bonté pour les hommes, dans sa victoire sur le péché et sur la mort pour le salut du monde : Dieu L'a ressuscité des morts !

C'est bien cette expérience du Ressuscité, conduite par l'œuvre de l'Esprit Saint, qui explique et fonde l’espérance des Apôtres, leur union spirituelle avec Lui, leur changement de vie, leur témoignage. « Si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est illusoire, vous êtes encore dans vos péchés... Si nous avons mis notre espérance en Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ; Christ est ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis. » (1Cor 15, 17-20)

Nous-mêmes aujourd'hui, en ce temps qui est le nôtre, nous avons le désir et la mission de proposer la personne de Jésus et son Évangile à nos contemporains. En ce temps qui est le nôtre ! Il faut bien admettre qu'il s'agit de rejoindre chacun et notre société dans ce qu'ils sont aujourd'hui, après les évolutions profondes de ces dernières décennies. L'Église qui est à Marseille, comme toute l'Église, est, elle aussi, marquée par ces mutations. Elle s'efforce de comprendre ce qui lui arrive, ce que l'Esprit suscite et quelles sont les initiatives missionnaires à poursuivre, à prendre, à mettre en œuvre.

J'ai éprouvé le besoin de m'entretenir avec vous de tout cela, pour nous encourager.

Voici bientôt vingt ans se vivait le Synode diocésain qui a suscité un bel élan. Il n'est pas sans intérêt de relire le document final, peut-être trop vite archivé ! Dans cette lettre pastorale, je voudrais revenir sur quelques grandes caractéristiques qui ont marqué la fin du XXe siècle. Vous me pardonnerez de le faire de manière incomplète, succincte, partielle. Bien d'autres s'y sont employés avec succès. La Lettre aux catholiques de France (1996), comme le rapport présenté par Mgr Claude Dagens en 2009, Entre épreuves et renouveaux, la passion de l'Évangile, offrent une belle contribution.

Je m'arrêterai ensuite sur la vie de l'Église. Enfin, je voudrais nous inviter à redoubler d'ardeur et de confiance dans notre vie et notre mission de chrétiens aujourd'hui. Je vous proposerai quelques échéances qui pourraient être de beaux temps forts pour le dynamisme missionnaire de notre Église diocésaine.

 

Que nous est-il arrivé ?


C'est ainsi que s'interrogent les anciens ! C'est ainsi que s'interrogent sûrement toutes les générations, quelques-unes plus que d'autres ! A certaines périodes, les mutations se font rapides et profondes.

Tout le monde en convient : la deuxième moitié du XXe siècle aura connu, dans les pays du Nord, une évolution culturelle profonde. Tous en sont marqués. Nous-mêmes, l'Église, le monde.

 

Les Trente Glorieuses L'après-guerre a suscité un élan économique puissant qui s'est traduit de manière heureuse, en Occident surtout, par une amélioration de la vie quotidienne du plus grand nombre : augmentation des revenus, rénovation de l'habitat, accès facilité au logement, à la santé, à l'éducation, au travail, aux loisirs. Ce bien-être légitime, souhaitable et heureux a ainsi laissé croire en un bonheur prochain grâce aux améliorations des conditions de la vie matérielle de la société de consommation. Des idéologies s’en sont emparées. On a pensé pouvoir être comblés par tous ces progrès. Consommer des biens matériels fut le carburant nécessaire d'une économie de marché régulée par des Etats protecteurs. Inciter à la consommation s’affichait comme une action bienfaitrice. Produire toujours davantage devenait un dogme universel, un indicateur de performances, la seule façon de pouvoir redistribuer. La place laissée à Dieu en sortit réduite.

 

La crise des institutions Un meilleur accès à la culture, une émancipation des personnes et un accès plus facile aux informations ont entraîné une crise de confiance dans la plupart des institutions : localement, le maire, l'instituteur et le curé ont perdu le soutien de leur statut social. Toute autorité peut être relativisée, contestée. Désormais, nul ne peut s’abriter derrière sa fonction ou son statut. Les modèles de réussite changent. La bourse devient le baromètre du bonheur !

 

La mondialisation La mondialisation de l'économie, facilitée par les moyens modernes de communication et de transport, l'accès indistinct à une surinformation planétaire éloignent les lieux de décision et bousculent les solidarités de proximité habituelles et structurantes. En même temps, cette ouverture aux autres pays et aux autres cultures constitue un incontestable progrès. La pluralité se vit au quotidien. Mais les solidarités immédiates en sont fragilisées. L’humanitaire s'organise comme une expérience nécessaire et fraternelle. Les ONG fleurissent.

 

La sécularisation Culturellement, l'individu occupe le centre, les valeurs n'ont plus rien d'universel. La société s'organise à distance de ce qui la structurait jusque là : les repères issus du christianisme. Chacun est laissé à lui-même et le revendique. Plus rien n'est légitime. Le vrai n'existe plus. Les sondages et la démocratie d’opinion deviennent le nouveau magistère. On court derrière l'opinion publique et celle-ci, laissée à elle-même, évolue au gré des vents qui l'orientent. Le sacré est prié de rester chez lui. Le spirituel n’a plus droit d’expression. La place publique n'est plus sa demeure. Il est devenu l'objet des soupçons les plus injustes et irrationnels. Une nouvelle structuration de la vie veut s'imposer : le sécularisme.

 

Des événements internationaux Plusieurs sont venus accompagner ou susciter des changements, des espérances, des interrogations, des peurs, des blessures. Je cite en vrac : la décolonisation, la construction de l'Europe, l'émergence de l'Asie, l'alternance politique en France, le choc pétrolier, la fin des dictatures en Amérique latine, la chute du mur de Berlin, une immigration durable.

 

La famille Comment serait-elle demeurée à l'abri de tous ces bousculements ? Sûrement, des réalités bien concrètes sont à l'origine de ces évolutions, et en particulier ce qui a concerné la maîtrise de la fécondité, l'accès des femmes au travail salarié. La famille se vivait souvent de façon intergénérationnelle, avec de nombreux enfants, dans un contexte rural adapté. Et voici que l'urbanisation rapide réduit la cellule familiale au couple avec peu d'enfants, dans une culture qui incite plus à l'épanouissement personnel qu'au respect des personnes avec lesquelles on a pris un engagement conjugal ou parental. La famille demeure, dans l'imaginaire et le réel, le lieu désiré et choyé au moment où elle est le plus fragilisée par des comportements égoïstes et des législations permissives. Lieu de transmission des valeurs humaines et sociales par excellence, elle a du mal à assumer ce rôle et s'en trouve trop souvent déstabilisée.

Un modèle de société s'efface, un autre est en train de naître. Nous sommes tous affectés par ces évolutions. Nous les vivons ensemble. L'homme d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier. Le chrétien d'aujourd'hui n'est plus celui d'hier. Sa situation, comme celle de l'Église, n'est plus la même.

 

Et l'Église ?


Le concile Vatican II Précédé par des prises de conscience multiples des changements culturels en cours, l'Église va répondre avec enthousiasme à l'appel du pape Jean XXIII à célébrer un concile. Nous fêterons en 2012 le cinquantième anniversaire de son ouverture. C'est, à ce jour, le concile à l'allure la plus universelle. Sa riche réflexion sur l'Église, le monde, la Parole de Dieu et la Tradition, sur la liturgie, la mission, la liberté religieuse, sur les autres religions donnera un souffle nouveau et suscitera une espérance pour la grande majorité des baptisés. Des résistances se feront jour qui désigneront déjà les lieux des futures fractures: la liberté religieuse, l'expérience de l'interculturel et de l'interreligieux, le rapport à la Vérité et au monde. La mise en œuvre de la réforme liturgique cristallisera les oppositions et les excès.

 

La crise des vocations

Liée de manière évidente aux changements de société (urbanisation rapide, évolution de la vie familiale, réformes scolaires, changement de modèles de réussite), voici qu'une crise profonde des vocations va venir provoquer un choc important dans la vie des communautés chrétiennes, dans leur expérience et leurs visées. Les transmissions ne sont plus assurées facilement. La catéchisation des enfants diminue de manière inattendue. La pratique dominicale ne rythme plus et ne nourrit plus la vie de nombreux baptisés.

 

Le pontificat de Jean-Paul II Le long pontificat de Jean-Paul II va marquer toute l'Église. Sa forte et profonde personnalité, son origine polonaise vont le situer au cœur des événements mondiaux. Il indiquera la route de l'homme comme celle de Dieu. Ses encycliques, ses voyages, ses engagements, la rencontre d’Assise, les JMJ, vont donner à l'Église un rayonnement profond que la célébration de sa sépulture, au terme d'une maladie vécue dans l'abandon, le courage et la confiance, manifestera de façon émouvante : des délégations de tous les pays y seront présentes.

 

Des réalités nouvelles Durant ces années vont croître de manière imprévisible des

communautés nouvelles de types divers, dont un nombre significatif se réclament d'une expérience renouvelée de l'Esprit Saint. Elles vont prendre place peu à peu dans la vie concrète des diocèses, y apportant un élan nouveau. Leur histoire s'écrit sous nos yeux avec les aléas normaux de toute nouveauté.

En même temps, le catéchuménat des adultes vient stimuler les communautés chrétiennes qui, en accompagnant les demandes, vont en être profondément renouvelées. La vie chrétienne à la suite du Christ se déploie dans toute son ampleur, mystique, ecclésiale, morale, sociale.

Beaucoup de diocèses ont vécu des Synodes qui font expérimenter l'importance de se ressourcer dans la Parole de Dieu, de se doter de structures nouvelles, de vivre la co-responsabilité entre prêtres, diacres, laïcs, de retrouver un élan missionnaire. Notre diocèse a vécu le sien au début des années 90, voici vingt ans !

 

Au début d'un nouveau millénaire


Un désenchantement En ce début de millénaire, nos sociétés occidentales ont perdu de leur superbe. Les attentats du 11 septembre 2001 sont venus révéler leurs fragilités et réveiller les peurs. Le progrès matériel a montré ses limites : la crise financière mondiale vient de manifester la folie de systèmes permettant les excès du profit, le peu de scrupule de ceux qui n'ont pour horizon que leur propre enrichissement personnel ou national. Le réchauffement climatique, de son côté, révèle la dangerosité d'un type de développement irrespectueux des ressources de la terre. Les délocalisations d'entreprises assombrissent les perspectives d'emploi chez nous. Notre système de protection sociale est fragilisé. Les solidarités s'affaiblissent. L'écart entre riches et pauvres se creuse. Bref, une certaine morosité s'est emparée des esprits.

 

Une réalité plurireligieuse s'installe. Les évolutions des sociétés ont conduit à des migrations durables. Désormais, le christianisme, l’islam, le judaïsme vivent sur les mêmes terres. Cela conduit parfois à des peurs réciproques. Nous voici appelés à accueillir les questions que pose à notre foi chrétienne cette nouvelle réalité.

 

L'Église qui est en France, si elle sait bien qu’elle ne marque plus de la même manière la société civile, se retrouve habitée par des dynamismes missionnaires nouveaux qui la renvoient à son identité et à sa mission. Le temps de l'annonce et du dialogue, de la conversion et de l'engagement est revenu. C'est ce temps que je vous propose de regarder avec humilité, confiance et courage.

 

Une Église diocésaine qui ne se trompe pas d'espérance et qui se veut proche des plus pauvres


Une Église diocésaine qui ne se trompe pas d'espérance

Nous voici invités à nous renouveler dans notre foi : "Il s'agit de Jésus le Nazaréen. Il est passé en faisant le bien. Dieu L'a ressuscité des morts". Il nous faut revenir au Christ, approfondir toujours plus notre amitié avec Lui, mieux Le connaître, goûter sa présence, Lui redonner la première place dans nos vies personnelles, dans nos vies communautaires, dans l'inspiration de notre vie professionnelle, familiale, associative, citoyenne. C'est Lui notre lumière, notre chemin, notre vérité, notre vie. C'est Lui notre ami. C'est Lui qui nous révèle le Père, qui répand son Esprit. C’est Lui l'Homme véritable, le plus humain des humains. C'est Lui qui nous ouvre à l'espérance d'une vie vécue en communion avec la Trinité Sainte, dès ici-bas et pour toujours au-delà de cette vie.

Il nous révèle l'amour que Dieu porte à tout être humain. Il nous invite à nous libérer de nos peurs. Il ne nous laisse jamais seuls. Il nous montre le chemin de la vraie liberté, celle qui nous rappelle que l'homme ne vit pas seulement de pain !

Depuis le Jubilé de l’an 2000, nous avons entrepris ce "retournement". Cela se voit de manière évidente dans la place nouvelle faite à la Parole de Dieu dans nos vies personnelles et communautaires, dans la beauté de nos liturgies, dans l'approfondissement de la vie de prière jusqu'au cœur de nos familles, dans l'animation de temps forts communautaires.

Dans sa lettre apostolique Au début du nouveau millénaire, le pape Jean-Paul II pouvait écrire : "Il ne s'agit pas alors d'inventer un « nouveau programme ». Le programme existe déjà : c'est celui de toujours, tiré de l'Évangile et de la Tradition vivante. Il est centré, en dernière analyse, sur le Christ Lui-même, qu'il faut connaître, aimer, imiter, pour vivre en Lui la vie trinitaire et pour transformer avec Lui l'histoire jusqu'à son achèvement dans la Jérusalem céleste. C'est un programme qui ne change pas avec la variation des temps et des cultures, même s'il tient compte du temps et de la culture pour un dialogue vrai et une communication efficace. Ce programme de toujours est notre programme pour le troisième millénaire". (n°29)

Notre espérance est en Dieu. Nous en vivons. Nous voulons en témoigner. Le pape Benoît XVI, depuis son élection, nous a proposé des textes nourrissants pour nous ressourcer dans notre foi au Dieu d'amour, dans l'espérance que nous donne la résurrection du Christ, dans la fécondité d'une vie vécue dans l'amour.

Tel est le chemin enthousiasmant de la vie chrétienne, celui que les jeunes adultes vont emprunter lors des prochaines JMJ : "Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi." Que de fois je croise des catéchumènes, des « recommençants » qui me partagent le renouveau qu'a ouvert pour eux la rencontre du Christ, la réponse libre, profonde, délibérée à l'appel du Seigneur : "Venez et vous verrez". Nous sommes venus ou revenus ! Nous avons vu l'amour inouï de Dieu pour l'homme. Nous sommes libérés de toute peur. Comme l’écrit l'apôtre Paul : "Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils mais L'a livré pour nous tous, comment, avec son Fils, ne nous donnerait-t-Il pas tout ? Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu justifie. Qui condamnera ? Jésus-Christ est mort, bien plus, Il est ressuscité, Lui qui est à la droite de Dieu et qui intercède pour nous.

Qui nous séparera de l'amour du Christ ? La détresse, l'angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger, le glaive ? Selon qu’il est écrit : "A cause de Toi, l'on nous met à mort tout le long du jour ; nous avons passé pour des brebis d'abattoir." Mais en tout cela, nous sommes plus que vainqueurs par Celui qui nous a aimés. Oui, j'en ai l'assurance : ni la mort, ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur". (Romains 8,31-39).

Ce renouveau s'appuie sur la vie en communautés chrétiennes. On ne peut durer dans la vie chrétienne seul, sans lien avec la communauté chrétienne, sans s'approcher des sacrements qui nourrissent la foi. Je vous invite à ne pas manquer à la vie de la communauté chrétienne. Le récit des Actes des Apôtres nous montre la naissance de ces premières communautés, regroupées autour de l'enseignement des apôtres, de la prière, de l'Eucharistie et du partage. Même si les formes peuvent varier, c'est dans cette expérience communautaire que se nourrit notre être chrétien. Vivez l'Eucharistie du dimanche. Elle est aussi un service de l'humanité : célébrer le Ressuscité, annoncer sa mort et sa résurrection jusqu'à ce qu'Il vienne, c’est inscrire dans le temps qui est le nôtre la victoire du Crucifié.

Au sein de la vie de l'Église, d'autres regroupements ou d'autres sources spirituelles sont proposés. Je pense aux charismes des communautés religieuses qui, dans leur diversité, mettent en valeur une dimension du Mystère du Christ et une façon particulière de l'incarner. Je pense aux groupes de chrétiens membres des mouvements apostoliques, des mouvements de jeunesse, des mouvements de spiritualité, des communautés nouvelles. Tout cela nourrit. Mais rien ne peut remplacer la participation à la vie d'une communauté chrétienne, qui donne à vivre dans la communion la diversité des charismes, des sensibilités, et donne à voir ainsi l'unité du genre humain que l'Esprit de Dieu suscite. Oui, approchez-vous de ce grand sacrement qu'est l'Église : l'Église diocésaine en communion avec les autres Églises diocésaines, en communion avec le pape. Approchez-vous d'elle. Elle est notre mère, celle qui nous donne le trésor de la Parole et celui des sacrements, elle conduit jusqu'à nous l'œuvre de l'Esprit. Elle nous introduit dans l'action de grâce qu'elle ne cesse de faire monter vers ce Dieu de tendresse et d'amour que le Fils bien- aimé lui a révélé.

Bien sûr, le Christ ne nous a pas appelés à Le connaître sans nous confier la mission de L'annoncer. Les plus anciens ont connu le temps de la transmission paisible des contenus et des repères d'une vie chrétienne. Ce temps est révolu ! Aujourd'hui, le temps de l'annonce première, de la proposition de l'Évangile est à nouveau revenu ! Nous sommes appelés à la mission. L'histoire récente nous a appris, à nos dépens, que rien n'est jamais acquis en ce domaine ! Ce que nous n'entretenons pas disparaît. Ce à quoi nous n’adhérons pas personnellement demeure vulnérable et fragile. Il s'agit vraiment de conduire une initiation à la vie chrétienne dans toutes ses dimensions. L'Église de France nous invite à proposer l'Évangile à tous les âges, en toutes circonstances, de manières renouvelées. Dans notre diocèse, ce chemin est emprunté de manière féconde par des paroisses, des mouvements, des services, par des jeunes et par des anciens, par des prêtres et par des laïcs, par des communautés religieuses, par des chemins déjà éprouvés, par des initiatives nouvelles, par des temps forts et dans l’ordinaire des jours, aux moments de joie et dans l’épreuve. Je vous invite à vérifier que ce dynamisme de l'annonce vous habite personnellement et en groupe. Partagez vos initiatives. Soumettez-les au discernement de l'Église.

 

Une Église qui se veut proche des plus pauvres

Le Christ Jésus a prié, a enseigné, a guéri, a soulagé ! "Il est passé en faisant le bien". Il n'y a pas d'annonce juste de l'Évangile qui se désintéresse du sort concret des hommes ! "Si quelqu'un, jouissant des biens de ce monde, voit son frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, comment l'amour de Dieu demeurerait-il en lui ? Petits enfants, n'aimons ni de mots, ni de langue, mais en actes et en vérité". (I Jean 3,17-18). « Celui qui n'aime pas son frère qu'il voit ne saurait aimer Dieu qu'il ne voit pas. Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de Lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère". (I Jean 4,20-21).

C'est clair ! La route du frère, tout particulièrement du pauvre, est la plus sûre pour conduire au Seigneur. L'apôtre Matthieu le rappelle dans sa page lumineuse du Jugement dernier. "Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, nu et vous m'avez vêtu, malade et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir... Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait". (Mt. 25,34-40).

Nous ne pouvons pas annoncer l'Évangile sans nous faire proches des plus petits, des plus pauvres. C'est une tradition de l'Église qui est à Marseille, Aubagne et La Ciotat. Le catholicisme social y a développé bien des initiatives dans toute son histoire. Aujourd'hui encore, beaucoup se fait en ce sens. Je ne puis en énumérer tous les exemples, tellement les réalisations sont nombreuses et variées. Cela ne nous remplit pas d'orgueil ! Cela nous montre au contraire les besoins d'aujourd'hui, anciens et nouveaux, besoins matériels, besoins de présence - la solitude vient d'être déclarée "cause nationale"-, besoins d'estime, d'amitié. Je suis émerveillé par le choix fait par des chrétiens de vivre dans les cités ou les lieux les plus difficiles de Marseille, avec le désir que la proximité de vie permette de vaincre les peurs, de servir la fraternité et la paix sociale. Cette charité revêt de multiples facettes. Elle doit aller jusqu'à l'engagement politique, c'est-à-dire cet engagement dans les lieux où s'organise et se décide la vie économique, sociale, associative d'un pays.

La dernière encyclique du pape Benoît XVI, Caritas in veritate, fournit un nouvel éclairage sur cette présence institutionnelle. À la lumière de l'Évangile et de l'enseignement social de l'Église, il aborde les grandes questions d'aujourd'hui : le développement économique, culturel, financier, le respect de la vie, de la terre, la liberté religieuse. Il propose la fraternité comme l'horizon à atteindre. Il redonne une place à la gratuité et au choix volontaire de modes de vie plus sobres.

Je le disais au début de ma lettre : nous sommes tous touchés par le matérialisme qui a mutilé notre humanité. Nous devons être de ceux qui veulent retrouver leur liberté profonde, et même cette liberté qui sait choisir une certaine forme de pauvreté matérielle pour s’enrichir spirituellement et humainement. Nous nous devons d’être parmi les premiers qui luttent pour plus de justice, de solidarité, de respect des plus pauvres. Nous devons faire écho aux cris de nos frères qui manquent de logement et de travail, qui sont loin des lieux d'instruction et de culture, qui ont de plus en plus de mal à se soigner. La valeur humaine d'une société s'évalue au sort qu'elle réserve aux plus fragiles des siens.

C'est le beau défi du christianisme : tenir en même temps l'amour de Dieu et l'amour des frères, la mystique et le social, l'approfondissement de la vie spirituelle et le dynamisme de l'engagement pour les plus pauvres. Il s'agit pour nous de ne pas réduire le christianisme à des exercices de piété désincarnés, ni à un engagement humaniste sans intériorité ni référence à Dieu.

A tous les niveaux, diocèse et paroisse, mouvement et service, Ecole catholique et chrétiens dans l'Enseignement public, jeunes et anciens, tous nous devons vérifier la réalité de notre solidarité humaine. Il y va de la crédibilité de l'annonce de l'Évangile aujourd'hui.

Oui, "que vaut à l'homme de gagner l'univers s'il le paie de son âme ?" La diaconie de l'Eglise participe à l'annonce de la Bonne Nouvelle et au chant d'action de grâce adressé à Celui qui est la source de la vie.

 

Église de Marseille, annonce, rends grâce, engage-toi.


Il ne suffit pas d'analyser, ni de parler ! Il s'agit pour nous de proposer le Christ, aujourd'hui, dans le diocèse, comme Lumière de nos vies, espérance de nos cœurs, vainqueur du péché et de la mort ! Cela, nous devons le faire ensemble. Tout s'enracine dans notre sainteté personnelle et la qualité de nos vies chrétiennes ancrées dans le lien d’amour avec Dieu. La charité entre nous est évangélisatrice. Nous sommes invités à choisir le Christ, comme je l'évoquais précédemment. Depuis le Synode de 1991, des choses se vivent. L'Église qui est à Marseille ne dort pas ! Je vous invite à la Mission, à l'annonce de l'Évangile, je vous invite à prendre des initiatives, je vous invite à fonder des équipes de mouvements, des petites communautés chrétiennes, à partir de vos relations immédiates. Osez inviter. Osez proposer le Christ, sa Parole, son Eglise, les sacrements de la foi. Osez vivre et proposer la charité en son nom.

Dans les mois et les trois années qui viennent, quelques rendez-vous peuvent être déjà repérés :

 

Au cours de cette année pastorale 2010-2011, nous poursuivons nos efforts auprès de la génération des 25-40 ans en essayant d'aboutir à des initiatives pour un meilleur accueil, pour des formations adaptées, pour nourrir leur vie spirituelle. Le 150e anniversaire de la mort de Mgr Eugène de Mazenod nous permettra de rendre grâce pour les initiatives missionnaires prises durant son épiscopat. Il a su autant rejoindre les personnes les plus humbles, laissées pour compte de la société de son temps, que penser à la mission au loin en fondant les Oblats de Marie Immaculée. Le 21 mai, à la Major, sera célébrée une messe à sa mémoire.

Au mois d'août, les jeunes adultes de 18-35 ans vivront le temps fort des JMJ à Barcelone d'abord, puis à Madrid. Osons transmettre l'invitation !

 

L'année pastorale 2011-2012 sera une année missionnaire

Les groupes bibliques seront invités, durant cette année-là, à étudier des textes du Nouveau Testament fondant l'être missionnaire de l'Église et la vocation missionnaire de chaque baptisé. Bien sûr, nous contemplerons le Christ, envoyé du Père. On proposera aussi la lecture de quelques grands textes du concile Vatican II.

Au cours de l’automne 2011, nous nous unirons à la célébration des 25 ans de la rencontre d’Assise.

En janvier sera proposé aux prêtres un pèlerinage-session sur les pas de Pierre et de Paul à Rome. Nous porterons dans la prière l’appel à ce ministère ordonné.

En février, l'Octave de la Chandeleur sera centrée sur l'annonce de l'Évangile. Cette fête nous révèle le Christ, Lumière du monde. Nous essaierons de déployer la richesse de cette Lumière que nous apporte le Christ.

De l'Ascension à la semaine après Pentecôte, nous vivrons une quinzaine missionnaire : "Au souffle de l'Esprit, annonçons l'Évangile aujourd'hui dans le diocèse de Marseille". Le premier temps sera un moment de ressourcement spirituel, d’accueil de la force de l’Esprit Saint. Le pèlerinage diocésain à Lourdes sera vécu dans ce climat. Le sommet en sera la célébration de la confirmation des adultes la veille de Pentecôte. Nous lui donnerons une dimension plus grande que d’habitude en y invitant largement des adultes dès le début de cette année pastorale 2011-2012. La semaine après la fête de Pentecôte, nous mettrons en œuvre les initiatives missionnaires que nous aurons préparées pour vivre en communautés chrétiennes la triple dimension de l'annonce, du témoignage auprès des plus pauvres en particulier, de la prière et de la louange. Ces initiatives pourront se prendre bien sûr en paroisse, en secteur, en mouvement, en service.

 

L'année pastorale 2012-2013

Le 14 octobre 2012, une célébration en action de grâce pour le 50e anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II nous réunira à La Major. Ce sera aussi notre messe de rentrée. Nous approfondirons le Mystère de l’Eglise dans son lien au Christ qui est la Lumière du monde.

Marseille sera capitale européenne de la culture.

Des milliers de visiteurs viendront dans notre ville et notre région. De nombreux événements culturels et festifs auront lieu. Nous y prendrons part de la manière la mieux adaptée. Un certain nombre d’initiatives prises par le diocèse, Notre-Dame de la Garde, des paroisses, certains services ou mouvements et l'Enseignement catholique se réaliseront.

Lors du Triduum du Sacré-Cœur, nous vivrons un temps fort d'annonce de cet amour du Christ pour les hommes, de son visage de tendresse. Nous ferons mémoire de la fécondité de cette spiritualité qui nourrit toujours l'Église de ce temps, à Marseille particulièrement.

Dans l'Église qui est en France se déroulera cette année-là le grand rassemblement Diaconia 2013 qui veut rendre visible la charité de l'Église. Ce sera l'occasion pour nous, à Marseille, de fédérer les diverses facettes de la charité qui se déploient dans notre Église et de donner naissance à une forme de diaconie pour soutenir dans la durée les initiatives et les efforts de chacun.

 

Enfin, en 2014, seront célébrés le huitième centenaire du premier oratoire sur la colline de Notre-Dame de la Garde et le 150e anniversaire de la consécration de la basilique. Y a-t-il un site plus emblématique de Marseille ? Nous nous appuierons sur Marie pour présenter son Fils à tous ceux qui vivent à Marseille ou à ceux qui montent en ce site.

Marie construit des ponts dans le monde ! Entre peuples et même entre religions. Les musulmans se tournent vers elle avec affection et confiance. Cette année mariale prolongera nos initiatives. Marie soutiendra notre élan missionnaire, elle qui, à la Visitation, a conduit jusqu'à Elisabeth Celui qu'elle portait en son sein. Nous nous mettrons en "Visitation". A la manière de Marie, nous garderons dans notre cœur tout ce qui nous arrive. Nous l'éclairerons à la Lumière du Fils bien- aimé, et nous lui demanderons d'intercéder pour nous et pour tous les hommes afin que nous fassions tout ce que son Fils nous dit, pour le plus grand bonheur de tous.

Voilà, chers amis, ce que je voulais vous partager. Voilà ce à quoi je vous invite. Vous l'avez bien saisi. Il s'agit d'un temps fort de conversion et de mission.

Choisir le Christ : nous rapprocher de Lui, faire ce qui Lui plaît, relire nos vies à sa Lumière. Le louer, Lui rendre grâce. Mais aussi Le suivre en discernant les lieux de nos vies et de nos engagements où Il nous invite à résister, à changer. Comment repérer d'ailleurs ces choix réels dans nos vies faits en son nom, que nous n'aurions pas faits sans Le connaître ? Les repérer, les partager, pour nous encourager.

L'annoncer : entendre le Christ nous dire : "Allez, je vous envoie". Oser l'annonce de l'Évangile, oser proposer l'Évangile. La foi grandit quand on la partage, sinon elle s'étiole et meurt !

Ce temps est un temps favorable. C'est celui de l'aujourd'hui de Dieu ! Il nous précède! Il travaille le cœur de tout homme. Soyons les serviteurs de la rencontre de Dieu et des hommes de ce temps, pour que tout homme retrouve sa beauté d'enfant de Dieu et de frère des hommes, pour que notre Église soit un lieu d'espérance et de réconciliation, d'écoute et de compassion, d'engagement et d'action de grâce.

 

Que Notre-Dame de la Garde nous vienne en aide !

 

+ Georges PONTIER Archevêque de Marseille Pâques 2011

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Des livres à lire

Coresponsabilité en Église
Livre tiré du Colloque que nous avons organisé en 2009
(en vente à Saint-Luc)

 

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Pentecôte 2008
La Communauté Saint-Luc de Marseille
a fêté ses "40 ans"

 

Qui sommes-nous ?

 

 

ESPACE SAINT-LUC

Communauté Catholique

231 Rue Saint-Pierre

13005 Marseille

Métro Timone

Tel 0952193599

Mel stluc@stluc.org

Blog : http://stluc.over-blog.com

 

Saint-Luc est une communauté catholique de laïcs du Diocèse de Marseille prête à vous accueillir.

 

Messe le samedi à 18h30.
à Saint-Luc, avec des hommes et des femmes de tout Marseille, qui désirent vivre leur foi de façon responsable et fraternelle.

Nous sommes...
   

Une Église de la coresponsabilité
Des laïcs entièrement responsables de la vie de la communauté.
Coresponsabilité avec le prêtre accompagnateur.
Chacun est invité à agir selon ses capacités et ses disponibilités.

 

Une Église de libre expression
À l'Eucharistie, selon les semaines, partage d'Évangile, méditation par un laïc, libres intentions de prières, partage de vie : chacun peut exprimer ce que la parole de Dieu lui inspire.
Au P'tit déj’, un dimanche par mois, autour d'un café, libres échanges sur des sujets choisis par les participants.

 

Une Église du partage et de la rencontre
Un Plat de pâtes, un vendredi par mois, pour échanger avec un invité sur ses engagements.
Les Vendredi de Saint-Luc : une fois par mois, conférence-débat sur des sujets d'Église et de société.
À la rencontre de la Bible, un temps pour avancer ensemble dans la connaissance de la parole de Dieu.

 

Une Église solidaire et servante
Une caisse de solidarité.
Des groupes de visite aux malades et aux isolés.
Une invitation à participer aux activités de l'ACAT, du CCFD, d'ATD Quart-Monde, d'Artisans du Monde, du Mouvement de la Paix, etc.

 

Communauté Saint-Luc
Mocambi
(Responsable de Communauté)

Jean Guyon
Prêtre accompagnateur
Michel JOGUET, sj

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Documents téléchargeables
- Statuts de St-Luc
- Charte de St-Luc
- Notre pratique de la Charte au Quotidien