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Agenda

 

 

AGENDA de SAINT-LUC 2015/2016

Célébration eucharistique chaque samedi 18h30
(sauf pendant les vacances d'été)   
____________________________________________________________          __
Vendredi 8 Janvier de 19h à 20h30
chapelle de l'hôpital de la Conception
Une conférence-débat :
La relation d'aide destinée aux personnes en fin de vie
par François Buet prêtre et médecin en soins palliatifs
à la clinique Sainte-Elizabeth
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Samedi 9 Janvier de 16h30 à 18h
Réunion Bible sur les "Midrashim"
animée par René Guyon bibliste
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Samedi 16 janvier de 16h30 à 18h
Libres échanges autour de la bulle
"Le Visage de la Miséricorde"
du pape François
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Emission "Le jour du Seigneur"

Permanence

Permanence d'accueil à Saint-Luc

Vendredi : 16h à 18h 

14 février 2016 7 14 /02 /février /2016 19:32

Ce blog de Saint Luc, que vous parcourez, va être transféré sur le nouveau site Internet de Saint Luc. Vous pouvez y aller en tapant www.stluc.org

ou en cliquant sur ce lien www.stluc.org

Il attend vos remarques et vos propositions

Merci pour votre compréhension.

Published by STLUC
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29 décembre 2015 2 29 /12 /décembre /2015 09:58

Méditation Dimanche 27 Décembre

Lecture du 1er livre de Samuel : 1,20-22-24-28

Psaume 83

Lecture de la 1ère lettre de Saint Jean : 3,1.21-24

Evangile selon Saint Luc 2,41-52

Ces textes nous évoquent l’Amour que nous porte Dieu, et comment cet Amour se manifeste.

Dans la lecture de Saint Jean, il nous est dit que c’est cet Amour, que Dieu nous donne, qui nous donne le statut d’enfants de Dieu, et comment ? En nous aimant les uns les autres comme il nous l’a commandé.

Mais nous savons tous ici combien il est difficile d’aimer, que de déceptions, de conflits, de difficultés à dépasser nos rancœurs, nos paresses, nos égoïsmes.

Alors L’évangile nous propose de prendre comme exemple l’amour que des parents portent à leur enfant, en particulier la mère (mais chacun homme ou femme est concerné par cet amour dit « maternel »)

Nous tous, nous avons pu grandir nous développer grâce à l’amour de notre mère, de nos parents, et si celle-ci, ceux-ci, pour une raison ou une autre étaient défaillants, nous avons sans doute pu bénéficier de l’amour d’une personne privilégiée dans notre enfance, qui a pris soin de nous. On sait la nécessité absolue pour un enfant d’être aimé, de vivre un attachement profond avec des personnes…et les dégâts que cela engendre quand l’amour n’est pas au rendez-vous dans l’enfance.

Guy Gilbert parle ainsi de ses parents :

« …La force de ma vie tient aux yeux d’amour, de force et de tendresse de mes parents. On a dit un jour, à ma mère : Comment avez-vous pu diviser l’amour entre vos 15 enfants ?

Ma mère a répondu : Je n’ai rien divisé. J’ai multiplié l’amour. Et cela s’est vérifié. Nous avons été élevés d’une certaine façon comme des enfants uniques.

Ces yeux d’amour et de tendresse, c’est la plus grande chose qu’un homme et une femme peuvent donner à leurs enfants. »

Alors Dieu s’appuie sur cet amour des parents pour nous montrer quel amour il nous porte, et l’évangile nous donne une sorte de leçon sur la façon de vivre cet Amour.

On nous dit que Jésus reste à Jérusalem à l’insu de ses parents… quelle ingratitude pourrait-on se dire, Jésus profitant de la confiance de ses parents.

Il leur répondit de plus : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon père ? »

Tout parent ou éducateur a expérimenté ce genre de situation, ici il nous est dit que Marie et Joseph n’ont pas compris ce que Jésus leur disait, mais pourtant il leur obéit et repart soumis. Et il est présenté comme un enfant sage (Qui fait preuve de sûreté dans ses jugements et sa conduite).

Khalil Gibran dans « le Prophète » nous donne sa vision des enfants qui nous sont confiés.

« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.

Ils viennent à travers vous et non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour et non point vos pensées. Car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez accueillir leur corps mais pas leurs âmes… »

Anne dans le livre de Samuel vit pleinement cela

« C’est pour obtenir cet enfant que je priais, et le Seigneur me l’a donné en réponse à ma demande. A mon tour je le donne au Seigneur pour qu’il en dispose. Il demeurera à la disposition du Seigneur tous les jours de sa vie. »…

« Vos enfants ne sont pas vos enfants… »

Mère de 5 enfants, j’ai toujours trouvé ces phrases très belles et très vraies, mais combien difficiles à vivre dans la réalité. Et je pense que cela a dû être de même pour Marie et Joseph. Marie est désarçonnée, elle connaissait pourtant le secret de son enfant depuis l’annonciation. Mais son mystère et le mystère de Dieu reste entier, pour elle aussi.

On mesure combien Dieu a voulu nous montrer son amour en s’incarnant dans une famille réelle, vivant la réalité de toute famille de l’époque, d’une famille comme les autres.

Jésus fut un enfant comme les autres, il lui fallut grandir et progresser comme tous les enfants lorsqu’ils ont le bonheur d’être entourés d’amour.

C’est dire que Dieu ne dédaigne pas nos petitesses, que pour tirer l’humanité de tous ses faux pas, il apprend comme tout un chacun à marcher (Marie Noëlle Thabut)

Quelques paroles de Maurice Zundel pour nous éclairer :

« Etre Dieu ne signifie plus dominer et avoir le pouvoir d’écraser les autres, être Dieu signifie se donner sans mesure, se dépouiller éternellement…C’est parce Dieu ne garde rien, parce qu’il est tout Amour, parce que la respiration de son être est la générosité, que la création surgit et qu’elle constitue à la fois un secret inépuisable et un appel infini à l’amour…

Le monde dans son harmonie et sa beauté, ne peut se constituer que dans ce dialogue d’Amour où Dieu s’échange avec nous et nous avec lui.

Et quand il n’y a plus d’amour, il n’y a plus de création ou, tout au moins, la création avorte et devient un échec… »

Je termine en vous donnant deux témoignages qui m’ont paru illustrer ces propos.

Mère Teresa :

« Un jour j’ai ramassé un homme qui gisait dans le caniveau. Son corps était couvert de vers. Je l’ai porté jusqu’à notre hospice, et là qu’a dit cet homme ? Il n’a proféré aucune malédiction. Il n’a blâmé personne. Il a simplement dit : « J’ai vécu comme un animal, dans la rue, mais c’est comme un ange que je vais mourir, comme quelqu’un qui a été aimé et dont on a pris soin ! »

Trois heures nous furent nécessaires pour le laver. Finalement, l’homme leva les yeux vers la sœur et dit : » ma Sœur, je m’en retourne à la maison, chez Dieu ». Et puis il mourut. Jamais je n’ai vu un sourire aussi lumineux que celui que je vis sur le visage de cet homme. Il s’en était retourné à la maison, chez Dieu. Vois ce que l’amour peut accomplir ! »

« Je n’oublierai jamais ce jour, au Venezuela, où je rendais visite à une famille qui nous avait fait cadeau d’un agneau. Je venais pour la remercier, et là, je vis un enfant des plus handicapés. Je demandais à la mère : quel est le nom de l’enfant ? La mère proféra une réponse des plus belles. Nous l’appelons « Maître d’Amour », car il ne cesse de nous enseigner comment aimer. Tout ce que nous faisons pour lui est, en acte, notre amour pour Dieu »

Pour finir, un témoignage de ce mystérieux cardinal, dans confession d’un cardinal, qui préfigure le pape François cependant :

« Posons-nous une question souvent négligée : Qu’est-ce que Dieu est venu faire dans le monde en s’incarnant en la personne de son fils, un peu comme on dirait d’une personne imprudente : Mais qu’est-ce qu’elle venait faire dans cette galère ?

L’incarnation de Dieu est la spécificité irréductible chrétienne. Elle signifie que la condition humaine, apparemment absurde, est digne de Dieu.

Quand Poo (enfant malade du sida accueilli dans une maison en Asie du sud-est) somnole dans son lit, affaibli par le virus qui aura raison de lui demain ou la semaine prochaine, quand il perçoit vaguement ma présence, il sent que sa condition, apparemment dénuée de toute grandeur, de tout avenir, de toute valeur, est digne de mon attention, de ma présence. Il sent qu’il n’est pas rien, puisque quelqu’un passe du temps, un temps apparemment inutile à ses côtés.

Quand de je suis près de Poo, je rends concret, à ma modeste échelle, le plan de Dieu sur les hommes. Je signifie à Poo que sa vie n’est pas absurde puisque je passe du temps avec lui, de la même manière que Dieu a signifié au monde que sa condition n’était pas absurde puisque son fils s’est incarné….

Quand je suis au chevet de Poo, je crois, de manière insensée, peut-être, mais avec une totale certitude, que je suis la main de Dieu et le regard de Dieu sur Poo, homme qui souffre, qui ne sera jamais baptisé, qui ne fera jamais partie des statistiques de l’église, qui mourra peut-être demain. Je lui apporte cette tendresse de Dieu….Et vous me pardonnerez mon audace, je crois que, ce qui compte pour Dieu, c’est que Poo reçoive cette tendresse qu’il réserve à chacun de ses enfants. »

« Heureux les hommes dont tu es la force, des chemins s’ouvrent dans leur cœur » nous dit le Psaume.

Puissions-nous puiser toute la force de ces témoignages afin de pouvoir à notre tour être la main de Dieu pour nos frères en humanité

Christine Fannière.

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 17:21

Cris de joie, ovations, allégresse, tel sera, nous dit le prophète Sophonie, le jour de fête retrouvé lors de la venue du jour du Messie que l’on n’attendait plus. Joie, sérénité et paix intérieure, tel est le témoignage que les chrétiens ont à donner au prochain retour du Christ glorieux, nous rappelle saint Paul. Les textes de la liturgie de ce troisième dimanche de l’Avent nous appellent à la joie. Noël approche, et c’est vrai de dire que cette fête de la Nativité du Seigneur demeure la plus joyeuse des fêtes chrétiennes. Mais Pâques et la résurrection du Seigneur ne devrait-elle pas être la fête joyeuse par excellence ? Mais à Pâques, nous avons d’abord vécu la Passion du Seigneur, et la joie pascale est la joie grave et intérieure d’une victoire durement acquise sur la mort et le péché. Tandis qu’à Noël, tout est espérance et nous ne pouvons manquer de nous attendrir en retrouvant un peu de notre enfance devant l’enfance du Dieu qui s’est fait homme.

C’est pourquoi, pendant ce temps de l’Avent, depuis des siècles, l’Eglise répète obstinément la Bonne Nouvelle, le gai message de la joie de Dieu offerte aux hommes en Jésus, don de Dieu offert au monde. Mais tout cela est-il vraiment sérieux ? Peut-on parler encore de joie de Noël alors qu’aujourd’hui encore tant de menaces, de tristesses, d’horreurs et de guerres déchirent le monde et tuent des hommes ? Pouvons-nous nous réchauffer le cœur en préparant Noël, alors que des millions d’hommes, de femmes et d’enfants n’ont aujourd’hui encore aucune expérience de vraie joie ici-bas et n’en ont même l’espérance ? Sommes-nous prêts à vivre cela, pas demain, aujourd’hui !

La réponse à cette interrogation n’est pas si simple et elle ne se trouve que dans une perspective de foi. A la suite du Christ, notre espérance de joie est un défi exigeant, une lutte permanente contre tout ce qui entrave le bonheur et la dignité des hommes, le monde noir du péché, de la haine, de la bêtise, de la violence aveugle et du mal. Nous ne pouvons nous réjouir que si dans notre joie nous entraînons avec nous au moins quelques uns de ceux dont le cœur est lourd de tristesse, de solitude ou de désespérance et dont la vie n’a plus guère de sens. Sommes-nous prêts à vivre cela, pas demain, aujourd’hui !

Mais, en dépit de toute la noirceur de l’existence, nous croyons que notre Dieu veut le bonheur de tous ses enfants. C’est pour cela que Dieu est venu à l’homme. Un vrai regard de croyant, sans rien oublier des tristesses de ce monde, peut oser se porter sur l’immensité de la bonté de Dieu. Le Christ Jésus n’a-t-il pas dit à ses disciples, à la veille de sa Passion qui ne sera à vue humaine qu’un échec total et absolu : « Dans le monde vous aurez à souffrir, mais gardez courage, j’ai vaincu le monde ». Même à Noël, la mémoire de Pâques est une raison d’espérer et de reconnaître la joie de Dieu qui peut sourdre comme une petite source discrète, là où on ne l’attend plus pour redonner le goût de vivre et de croire. Et souvent cela dépend de nous. Sommes-nous prêts à vivre cela, pas demain, aujourd’hui !

« Alors, que devons-nous faire ? » C’était déjà la triple question que les soldats et les gens simples posaient à Jean-Baptiste. Et c’est la question bien sûr que tous les hommes se posent pour que le monde change. Mais aujourd’hui, ce qu’il faut faire, la publicité vous le dit, les discours politiques de tous bords vous l’assène, la télévision le pense pour vous et les lois le décident à votre place… Alors que sera quand même notre Avent ? Ce sera d’abord ne refuser à personne la joie de Noël : étrangers ou non, croyants d’autres religions ou de rien. Relisons le texte d’évangile d’aujourd’hui pour voir à qui s’adresse Jean-Baptiste : des petites gens, des collecteurs d’impôts, des soldats romains, autrement dit des païens et des gens qui ne sont pas socialement et politiquement corrects. Jésus, pourtant, vient aussi pour eux, il vient pour tous, pour eux comme pour nous. Notre Avent sera aussi de ne pas nous contenter de bonnes intentions ou de pieuses résolutions, mais de vivre un vrai passage à l’acte. Alors, que ferons-nous pour eux, pas demain, aujourd’hui !

Sous le signe du partage et dans la foi, la joie de Noël ne peut pas être une évasion, un tranquillisant ou un euphorisant qui pour être religieux n’en serait pas moins un opium et un mensonge. Mais cette joie libère nos cœurs et les rend disponibles pour accueillir avec simplicité le gai message proclamé dès la naissance de Jésus, et qui reste toujours vrai pour nous aujourd’hui : « paix sur la terre, car Dieu nous aime ». Comme le disait saint Augustin : « Le Seigneur est proche, ne soyez inquiets de rien. C’est là un grand mystère : il est monté au-dessus des cieux et il est tout proche de ceux qui habitent sur terre. Qui donc est à la fois lointain et très proche, sinon celui qui s’est tellement rapproché de nous par amour ».

Alors, à ceux qui ne t’attendent plus, envoie Seigneur, des messagers de ta joie et de ton Royaume. Pour ceux qui croient t’avoir trouvé, éclaire Seigneur le vrai chemin de vie. Et de ceux que l’Esprit a baptisés, fais Seigneur, des serviteurs de ta Parole et des messagers de ta joie !

Amen

Homélie de Michel Joguet

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 17:46

« Comment cela va-t-il finir ? » pensent beaucoup de gens aujourd’hui quand ils voient les violences et les morts de toutes sortes, ainsi que les conditions de vie du monde dans lequel nous vivons. D’ailleurs n’est-ce pas ce qu’annonce l’évangile de ce jour : des signes dans le soleil, la lune, les étoiles, le fracas de la mer et les tsunamis de toutes sortes. Les malheurs arrivent sur nos têtes comme un filet prêt à s’abattre. Alors cela suffit pour que chacun se mette à guetter du sensationnel et du pseudo-miraculeux pour se sécuriser et se découvrir une bouée de sauvetage jusque dans le virtuel. Notre société a fini par confondre l’incroyable et l’événement banal, le fantastique et le surnaturel ! L’évangile se mettrait-il donc à faire dans l’ésotérique ? Voilà qui a fait recette, surtout quand il a fallu passer l’an 2000 !

« Comment cela va-t-il finir ? », nous demandons-nous aussi en constatant les impossibilités des hommes à établir la paix, la solidarité et la tolérance dans le monde ! Comment vivre, alors que la peur, la méfiance et la violence deviennent le moteur des rapports humains pour certains qui s’estiment représenter la majorité d’entre nous ? Cette description ne fait que reprendre un scénario biblique très répandu. Pour les prophètes de l’Ancien Testament, les astres et les étoiles symbolisent les idoles de Babylone que Yahvé a combattu pour sortir son peuple de l’exil. Dans ce combat spirituel, ébranler les puissances des cieux, c’est déboulonner les puissances du mal et en sortir vainqueur à cause de la fidélité de Yahvé pour son peuple.

C’est pourquoi Jésus, devant tous ces débordements et ces drames humains, nous appelle-t-il une fois encore à relever la tête lors de sa venue, car notre salut approche avec le Messie qui vient : l’histoire parvient à son terme, comme un fruit arrive à maturité. Le sens de l’histoire, qui est une histoire sainte se révèle : Dieu veut faire alliance avec tous les hommes et les conduire au bonheur, les libérer, à l’image du Christ ressuscité, qui, tel le Fils de l’Homme vient en porteur d’une destinée glorieuse et d’une bonne nouvelle pour les hommes ses frères. Mais toute rencontre vraie avec le Christ ressuscité peut remettre en question des habitudes, des manières de voir ou de vivre, des comportements et des choix de vie. Et certaines révisions dans nos vies, certaines décisions que nous avons à prendre pour nous-mêmes peuvent apparaître comme douloureuses et quelquefois même comme crucifiantes. Et bien, le temps de l’Avent nous est justement donné pour préparer cette rencontre avec le Ressuscité et pour approfondir notre lien avec son Evangile. Se préparer à cette incarnation du Fils de Dieu à Noël, n’est-ce pas accepter de se laisser dépouiller de beaucoup de représentations et d’idées toutes faites, inutiles ou fausses que nous nous faisons sur Dieu, pour être capables de découvrir ou de redécouvrir le vrai Dieu des hommes, c’est-à-dire le Dieu d’amour révélé en Jésus de Nazareth.

Mais devant la désarmante simplicité du Dieu de l’Alliance tout peut s’effondrer, mais aussi tout peut être changé dans nos vies car Dieu est déroutant et surprenant. Il n’est donc pas trop de quatre petites semaines pour remettre un peu d’ordre dans nos vies, pour faire en nous le tri entre l’essentiel et l’accessoire, entre ce qui compte vraiment dans nos existences et le superflu, c’est-à-dire ce qui nous encombre et nous empêche de vivre vraiment : la peur des autres et la peur de vivre qui se manifestent en nous et autour de nous par les fanatismes et les intolérances de toutes sortes.

Aussi, au milieu de ces crises et de ces difficultés, il nous faut réapprendre à relever la tête, à être attentifs à tous les signes d’espérance et de lumière qui existent pourtant autour de nous et dans le monde, si nous regardons les autres, les événements et le monde avec les yeux de la foi, avec les yeux mêmes du Christ, comme quand il regardait la samaritaine, la femme adultère et même Pierre après son reniement, c’est-à-dire avec un regard de tendresse et d’amour. Malgré l’infidélité religieuse à l’Alliance qui était le lot d’Israël lorsque Jésus est né, Dieu nous a fait signe. Il a invité les hommes à discerner sa présence, fragile, silencieuse, au milieu de nos bruits intérieurs et du fracas des événements du monde. Sans ce discernement spirituel et la prière, nul ne peut espérer se tenir debout devant le Fils de l’Homme, ni ce jour-là, ni déjà maintenant à chaque fois qu’Il frappe à notre porte. La fin de toutes choses, c’est que Dieu en Jésus-Christ soit tout en tous. En ce premier dimanche de l’Avent, ce n’est pas la veille de la première venue du Christ que nous célébrons, car il est déjà venu, mais la veille de sa seconde venue à la fin des temps. Oui, le monde a une finalité, un but, un sens : le Christ, alpha et oméga, plénitude de l’univers, par qui tout à été créé et vers qui tout converge et retourne.

C’est déjà la fin du monde lorsque je suis mangé par mes petits soucis ou anesthésié par le sommeil de ma foi. Alors, Seigneur, quel signe vais-je donner pour dire que je t’attends, que tu vas bientôt venir ? Viens Seigneur au plus profond de moi et dresse ta tente au centre de ma vie, là où sont les soucis et le sommeil ! Viens Seigneur et tiens-moi toujours en éveil !

AMEN

Michel,Joguet

Méditation des textes : livre prophète Jérémie 33,14-16

Psaume 24

Première lettre Saint-Paul apôtre 3,12-4,2

Evangile Luc21, 25-28.34-36

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 15:27

Depuis la nuit des temps, l’humanité vit dans des systèmes pyramidaux que ceux-ci aient à la tête un Pharaon, un Empereur ou un Roi ou même un Président, ces systèmes vont toujours de la base constituée par le peuple vers le Haut qui dirige, qui gouverne, qui commande. Mais Jésus, dans une effrayante humilité, vient renverser la pyramide et le haut vient soutenir, servir l’immensité de la base jusqu’à lui donner sa vie justifiant cette Parole « Que le plus grand soit le serviteur de tous ».

La question de la royauté de Jésus est au cœur de son procès. Jésus s’est toujours défendu d’être proclamé roi au sens où les gens comprennent ce terme c’est-à-dire un monarque avec des sujets, des esclaves, une armée pour le défendre et un pouvoir terrestre sur son peuple. « Si ma royauté venait de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux juifs » dira-t-il à Pilate.

Après la Multiplication des Pains de l’Évangile de Jean, Jésus s’enfuit tout seul dans la montagne car la foule voulait le faire roi (Jean 6,15). En cela, Jésus suit la ligne des prophètes. Ainsi dans le premier livre de Samuel, le peuple demande un roi comme il y en a dans toutes les nations et Yahvé répond 1S8, 9 « Tu leur apprendras le droit du roi qui va régner sur eux…Et alors vous-mêmes serez ses esclaves ».

Pourtant le prophète Daniel souligne déjà ce que sera la royauté de Jésus : « Sa domination est une domination éternelle qui ne passera pas et sa royauté une royauté qui ne sera pas détruite ». Donc cette royauté est présentée comme une royauté très différente d’une quelconque royauté terrestre, c’est une royauté projetée dans l’Éternité, en cela elle est universelle et se comprend en terme de vérité. Comme dit Saint-Jean dans l’Apocalypse « Jésus est le souverain des rois de la terre, le premier-né d’entre les morts ».

Cette royauté prend sa source dans la mort et la Résurrection de Jésus, elle est faite d’un amour dominant pour l’humanité, un degré d’amour jamais atteint par aucun être humain sur cette terre ni par aucun souverain de toutes les nations et qui ne sera jamais atteint par personne dans les siècles à venir.

Pourtant les apôtres même après la Résurrection ne comprendront toujours pas :

Actes 1,6 « Seigneur est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir la royauté en Israël ? » demanderont-ils à Jésus.

Comment s’étonner alors que Pilate ne soit pas du tout branché sur cette royauté spirituelle ?

A l’heure de sa mort, devant Pilate, Jésus n’a rien de royal. C’est l’accusé en passe d’une lourde condamnation. Jésus est seul, démuni, sans soutien et à la question de Pilate « Es-tu le roi des juifs ? » Jésus ne refuse pas ce titre qui pour lui est exact dans la dimension de la Vie Éternelle mais il veut savoir si Pilate en a l’intuition ou s’il répète l’information que lui ont transmis ses subalternes. Aussi lui demande-t-il : « Dis-tu cela de toi-même ou bien parce que d’autres te l’ont dit ?» Dans le « Est-ce que je suis Juif moi ? » Pilate répond qu’en fait n’étant pas juif il ne peut avoir l’intuition de cette royauté.

Jésus tente alors d’aider Pilate à entrevoir que cette royauté n’est pas d’ordre humain : « Ma royauté ne vient pas de ce monde.. »

Mais le niveau d’intériorité de Pilate ne peut s’élever jusque là. Il tourne autour d’une royauté terrestre et s’enfonce davantage dans son erreur : « Alors tu es roi ? »

Jésus fait alors une dernière tentative : « C’est toi qui dit que je suis roi » c’est-à-dire l’image que tu te fais de la royauté ne correspond pas à la mienne.

Et là, humblement, comme s’il faisait le chemin inverse d’une royauté terrestre, comme s’il renversait la pyramide du haut vers le bas, Jésus lui décrit simplement son chemin parmi les hommes : « Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. » Cette dernière Parole nous invite à nous demander : Faisons-nous quelquefois mémoire en nous-mêmes du sens de notre vie ?

Le texte d’Évangile ne va pas jusqu’à la célèbre question de Pilate : « Qu’est-ce-que la Vérité » ? Mais Pilate va alors tout tenter pour sauver Jésus car il ne voit en lui aucun motif de condamnation. Il va même entrer à nouveau dans le prétoire pour lui demander « d’où es-tu ? » Tu dis que les sujets de ton peuple appartiennent à la vérité alors qu’est-ce-que cette nation que la vérité ?

Et Jésus ne répondra pas. Je me suis longtemps demandé, alors que Pilate semblait approcher de plus en plus cette vérité, pourquoi Jésus ne répondait pas.

C’est René Guyon qui m’a fourni l’explication la plus appropriée : Jésus ne peut pas répondre à Pilate qui fait tout pour le sauver, qu’il doit obligatoirement donner sa vie en passant par la mort sur la croix pour qu’advienne cette vérité de la Résurrection.

Il laisse ainsi Pilate décider par lui-même de son sort sachant bien qu’il abandonnera assez vite l’idée et la volonté de vouloir le sauver.

Le don de l’Esprit de Vérité aux apôtres et par leur entremise à tous les humains passe inéluctablement par la mort de Jésus et la mort la plus cruelle et la plus infamante qui soit, la mort sur la croix. Le Christ perd sa vie d’homme pour témoigner de cette vérité de la Résurrection. En cela il devient roi. Le sens profond de la royauté de Jésus est une royauté spirituelle.

Par notre baptême nous sommes appelés non seulement à devenir prêtres et prophètes mais aussi à devenir rois de cette royauté à la manière du Christ par une vie donnée par amour et par amour des plus petits, des plus démunis.

Nous pouvons nous réjouir en ces temps de violence de haine et de mensonge d’appartenir aux forces d’amour qui sont vraiment celles du règne de Dieu.

Posons-nous quand même la question de savoir où se situe notre vérité ?

Recherchons-nous inlassablement dans nos vies à atteindre cette vérité de l’amour ? Car cette vérité c’est jour après jour qu’il nous faut la rechercher, elle n’est jamais acquise une bonne fois pour toutes. Et nous devons souvent nous remettre en question.

Et comment rendons-nous témoignage à cette vérité de l’amour ?

Nous sommes conviés à faire cette vérité en nous sachant pertinemment qu’elle va nous condamner à des renoncements et à des choix qui passent souvent par des souffrances et des morts dans nos vies. Cela requiert une véritable conversion. C’est sans doute la condition pour appartenir à la vérité car certaines remises en question débouchent souvent sur des résurrections.

Ainsi la royauté de Jésus prenant racine dans sa mort et sa Résurrection est universelle, elle renvoie à une alliance de fidélité, elle renvoie à la Parole de Dieu, à cette Vérité qui est à la fois chemin et Vie.

Méditation des textes : livre de Daniel 7,13-14

Apocalypse de Saint-Jean1,5-8

Évangile selon Saint-Jean 18,33b-37

Par Christiane Guès

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 19:26

Jéricho, dernière étape avant Jérusalem : de grandes foules sont sur la route avec Jésus et ses disciples pour célébrer la Pâque.

Glissons-nous dans cette foule bruyante, pèlerin parmi les pèlerins, anonymes, disciples que le Christ n’a pas pu arracher à leurs aveuglements, mais qui le suivent. Eux, moi, mendiants de quelque chose, ou ayant ouvert les yeux sur Jésus. Me situer dans cette foule qui bouge, marche, entoure, suit ou m’installer sur le bord du chemin le guettant.

Je regarde cet homme assis sur le chemin Bartimée, avec pour seule richesse son manteau. Imaginons sa nuit, sa dépendance, son exclusion, mais aussi sa détermination. Il ne voit pas mais il peut entendre : le bruit, la foule, Jésus qui passe. Entendre son cri qui se détache, dans le brouhaha « Fils de David ait pitié de moi !»

Sans aucun doute Bartimée a déjà entendu parler de Jésus qui annonçait dans la synagogue : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, et il m’a envoyé annoncer le retour à la vue des aveugles. »

Peut-être attendait-il le passage de Jésus dans sa vie, le cœur rempli d’espérance ? Et le voilà qui passe, son cœur ne peut alors que bondir, sa voix que jaillir forte et remplie de foi, il crie cette prière accumulée au long des jours. On lui demande de se taire, mais rien ne peut arrêter la voix de la foi, celle qui vient du fond de son cœur. C’est maintenant qu’il faut crier vers celui qu’il a attendu sur le bord du chemin. Jésus est passé et la lumière est entrée dans sa vie.

Me laisser atteindre par ce modèle de foi, de persévérance, d’Espérance :

*Quels mots ai-je envie de faire jaillir du fond de mon cœur vers Lui ? Quelle prière ?

*En quoi dans mes obscurités, il peut être lumière ?

*Est-ce que j’ose lui demander ce dont j’ai besoin ?

Considérons la foule :

Elle ne voit pas comme l’aveugle, ses yeux sont certes ouverts, mais même si elle est avec Jésus, son cœur est enfermé dans l’obscurité. Elle lui demande de se taire, de ne pas crier sa Foi. Une foule qui refuse d’entendre l’appel du plus petit, appel qui dérange.

Demandons-nous qui autour de nous, nous refusons d’entendre, de voir parce qu’ils sont différents, loin de nos schémas de vie ou qu’ils ne crient pas assez fort.

Regardons-les, en nous souvenant de tous ces petits, ces plus pauvres que Jésus accueille sans discrimination.

Guérir

Pour l’aveugle ce n’est pas que retrouver la vue, c’est aussi découvrir une autre lumière dans le monde qui l’entoure : une lumière qui était là depuis toujours mais qu’il n’avait pas encore accueillie. Cette lumière qui le transfigure, qui donne à sa vie une autre couleur, une autre saveur. Lumière qui le pousse à suivre Jésus. En ouvrant tout son être à la lumière « je veux voir » il va devenir lumière pour les autres.

  • Est-ce que j’ose mendier cette lumière pour moi ?
  • Est-ce que j’accueille pleinement cette lumière en moi et la laisse s’épanouir, ou est-ce que je me cache dans mes obscurités ?
  • Répandre, communiquer, faire rayonner cette lumière, mission que me demande le Christ dans mon aujourd’hui, quelle tentative de réponse à cet appel ?

La rencontre avec Jésus, l’attitude de la foule :

On n’étouffe pas un cri de détresse quand un pauvre crie. Au delà du tumulte, le Seigneur l’entend même si la foule semblait faire un rempart entre Lui et l’aveugle. Cette foule qui s’ouvre pour faciliter la rencontre. « Appelez-le … » dit Jésus.

Entendre la foule qui l’encourage : « Courage, lève-toi, Il t’appelle ». Regarder Jésus qui le rejoint dans son immobilité, dans son cri, sensible à sa détresse, qui prend le temps de s’arrêter. Sentir aussi que cet appel passe par les autres : cette foule qui change d’attitude, qui sert d’intermédiaire.

Jésus qui noue un dialogue, une relation personnelle avec celui qui appelle. Jésus qui sollicite la liberté de chacun et suscite une réponse déterminée.

Voir l’engagement de cet homme remis debout qui aussitôt le suit, devient pèlerin parmi les pèlerins.

  • Quelle attention je porte à ceux qui demeurent sur le bord du chemin ?
  • Regarder autour de moi, les personnes qui m’ont aidée à me remettre debout, les moments où j’ai accepté de me laisser déplacer.
  • Me souvenir de Jésus, proche de moi, dans mes difficultés.

Conclusion :

  • Osons comme Bartimée, pousser ce cri avec humilité, en reconnaissant que nous avons besoin de Lui.
  • Rendons grâce pour l’attention que le Christ porte aux cris des hommes, à nos propres cris.
  • Rendons grâce pour Celui qui sait nous rejoindre au cœur de nos nuits, sans condition.
  • Rendons grâce pour cette lumière qu’il met dans nos vies pour avancer sur la route.

Méditation Marc10,46-52 30e dimanche

Par Françoise Guibert

Saint-Luc

Octobre 2015

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1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 17:01

Aujourd’hui mes amis, en cette fête de tous les saints ouvrons tout grand les yeux de la foi et du cœur ! Devant notre assemblée qui va célébrer l’Eucharistie, la vision céleste de l’Apocalypse fait défiler devant nous la foule immense des serviteurs de Dieu. On les croyait tous morts, broyés par les persécutions, les épreuves et la haine du monde, le renoncement et le dévouement, comme les moines de Tibhérine ou encore comme sœur Emmanuelle, Mère Térésa, l’abbé Pierre et tant d’autres inconnus. Mais non ! Ils sont vivants et bien vivants ! La mort et la tombe ne sont que des apparences, car les serviteurs de Dieu se tiennent debout dans la lumière de la résurrection, dans la lumière céleste du Père, devant le trône de l’Agneau. Et de ce défilé se dégage une atmosphère de joie paisible et d’intense bonheur. Ils sont heureux en effet, tous ces élus qui se tiennent debout devant le Père et le Christ ressuscité dans une attitude de louange et d’action de grâce éternelle.

Mais l’épitre de St Jean que nous venons de lire proclame aussi : « Dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu, mais ce que nous serons ne paraît pas encore clairement ». Cette espérance qui se réalise déjà est celle de chacun d’entre nous, car nous sommes tous déjà enfants de Dieu et à ce titre nous participons déjà à la sainteté de Dieu. La fête de la Toussaint n’est donc pas uniquement une fête pour se souvenir des merveilles de Dieu accomplies hier à travers quelques uns, mais c’est bien notre fête à nous tous, désireux aujourd’hui de toujours laisser percevoir l’œuvre de Dieu dans nos vies. Il y a encore un chemin à parcourir, mais l’important n’est pas la fin du voyage, ce qui compte, c’est notre manière de voyager, autrement dit notre manière d’être homme ou femme vivant de l’Evangile dans la société d’aujourd’hui, s’efforçant de laisser entrevoir qui est Dieu, quel est son amour, quel bonheur il veut pour chacun. De ce fait, la fête de la Toussaint est une action de grâce pour ce que Dieu fait en nous et par nous et une espérance, car à cette lumière nous sentons que nous sommes invités à aller plus avant encore en cette intimité divine qui se dira à travers notre quotidien le plus banal. La sainteté est une manière de vivre le quotidien de notre vie, en nous laissant guider par l’Esprit dont le fruit comme le dit l‘épitre aux Galates est, amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi et maîtrise de soi.

Pensons aussi à ces hommes et à ces femmes qui mènent une vie difficile, qui luttent pour faire vivre leur famille, éduquer leurs enfants : ils font tout cela parce que l’Esprit de force les aide. Ces frères et sœurs sont des saints, des saints au quotidien, des saints cachés parmi nous et ils sont très nombreux ! Remercions le Seigneur pour ces chrétiens dont la sainteté est cachée : c’est l’Esprit-Saint qui est en eux et qui les pousse ! Oui, Jésus proclame heureux tous ses amis que le monde méprise. Il les console, les appelle Fils de Dieu et bienheureux, il les introduit dans son royaume, cette terre promise qui n’est justement pas le pays où l’on n’arrive jamais ! Les Béatitudes, quel souffle vivifiant ! Quel bonheur pour la marche de l’humanité ! Heureuses litanies qui rythment le bonheur même de Dieu. Elles sont distillées comme goutte à goutte dans le silence priant. Elles sont chemin de bonheur de ce temps-ci et chemin de bonheur de l’autre temps, dans l’au-delà du temps.

Chaque dimanche que nous vivons est une Pâque. Mais la Toussaint s’y ajoute comme la Pâque de l’automne pour nous rappeler sans cesse vers où nous allons. Voilà notre espérance ! Elle nous donne déjà la joie de Dieu, joie qui se partage, qui crée des liens, qui compatit, qui pardonne et qui aime jusqu’au bout. Parce qu’il accueille dans sa vie la joie de Dieu, le chrétien répugne à broyer du noir. Le chrétien aime la détente et l’humour qui conjurent l’esprit de sérieux, cette maladie d’un certain christianisme puritain et moralisateur : « un saint triste n’est-il pas un triste saint ! » Au contraire, la fête de la Toussaint se nourrit de la joie de Dieu offerte à tous les hommes. Tel est le secret de cette transfiguration du monde à laquelle le Christ Jésus nous appelle sans cesse.

J’aime regarder ceux que tu aimes, Seigneur. Peu importe s’ils chantent bien ou mal. Mais ils chantent et ils sont ton peuple saint. Des saints bien imparfaits, mais en route. Ils acceptent que leur vie soit gravée dans la paume de ta main, devenant ainsi une nouvelle histoire sainte. Foule immense de ceux qui espèrent le meilleur de la vie. Et ce meilleur, c’est toi, Seigneur !

Amen

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 17:25

Voici une homélie de notre prêtre accompagnateur Michel Joguet se rapportant à l'année C que nous allons bientôt commencer, homélie que nous rappellerons sans doute dans un an d'ici

Ces dix lépreux, je les vois. Ils sont entre eux, à l’écart, morts vivants, intouchables, aux portes du village, gagnés par la même maladie, rongeante, défigurante. A la vue de ces repoussoirs, on fait un détour par peur de la contagion. La lèpre est donc une maladie d’exclusion sociale et religieuse. Ces dix hommes partagent le même mal répugnant dans leur corps. Ils ont au cœur la même culpabilité intérieure et la même impureté les condamne : ce qui leur arrive passe, en ce temps-là pour le jugement d’un dieu qui punit. Oui, nous les voyons ces dix lépreux qui vivent en bande comme pour mieux supporter leur sort à l’écart des villes. Et voilà que la rencontre avec Jésus va transfigurer leur vie, comme si sa renommée était parvenue jusqu’à eux, les exclus de la société. Et ils le supplient de les guérir. Ici le miracle se fait sans aucun geste ni aucune parole précise. Jésus leur demande seulement d’aller rencontrer un prêtre pour qu’il les réintègre dans la société. Et là, nous rencontrons l’un des traits marquants de tout miracle : il faut toujours la rencontre de deux pauvretés, celle de Jésus qui se laisse habiter par la puissance de Dieu et celle du lépreux pour se laisser conduire par Jésus : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me guérir ! »

Et pourtant la foi des lépreux reste incomplète. Seul l’un des lépreux guéris va au bout de la démarche en revenant vers celui qui a été à l’origine de sa guérison. En glorifiant Dieu et en rendant grâce à Jésus, il associe étroitement dans sa reconnaissance l’envoyé et celui qui l’envoie. En précisant qu’il revient sur ses pas, Luc, l’évangéliste, laisse entendre qu’il se convertit. Remis sur ses pieds, le lépreux converti est invité à marcher sur le chemin de la Bonne Nouvelle. Mais ce converti, et ce n’est pas rien, c’est un Samaritain, quelqu’un de non fréquentable pour un juif. Les neuf autres lépreux, des juifs, sont incapables de revenir vers celui qui leur a rendu la vie. Ils sont encombrés par leur religion et ses rites. Seul le Samaritain est allé au bout de l’acte de foi. Il a trouvé Dieu ailleurs que dans les enceintes sacrées et dans les cérémonies que célèbre le clergé. Son temple et son prêtre sont là au bord du chemin : un homme fragile et suspecté, un galiléen qui passe, un visage attentif à toute détresse humaine, Jésus de Nazareth.

Oui, le lépreux nous dit la double façon de reconnaître la puissance de Dieu manifestée en son Fils Jésus. Il guérit de la lèpre et révèle Dieu. Il remet l’homme débout et en fait un membre à part entière de son peuple. L’exemple du Samaritain a certainement éclairé les premières communautés chrétiennes : là aussi les croyants qui confessaient leur foi en Jésus ressuscité, n’étaient pas toujours ceux que l’on aurait attendus. Et l’apôtre Paul en fera l’amère expérience à Athènes devant des grecs devenus sceptiques à l’écoute du langage de la résurrection : « nous t’entendrons là-dessus une autre fois ! » Aussi échaudé par cet échec, Paul s’en souviendra à Corinthe : « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour confondre ce qui est fort. Ce qui dans le monde est sans naissance et ce qu’on méprise, voilà ce que Dieu a choisi. »

Etre un homme de foi, un croyant, un chrétien, ce n’est donc pas d’abord adhérer à un ensemble de dogmes, ni même être un savant dans les choses de la foi, mais c’est accepter d’être comme le lépreux, un « pauvre » qui reçoit tout de son créateur, c’est accepter d’avoir le cœur assez disponible pour accueillir le don de Dieu, sa Parole, ses sacrements, l’irruption imprévisible de l’Esprit dans nos vies. Alors la première prière qui devrait jaillir de nos lèvres est celle de l’enfant qui dit « merci » en action de grâce. Rendre à Dieu notre reconnaissance en faisant de toute notre vie un immense chant d’amour et de notre prière une joyeuse louange d’action de grâce pour que notre gratitude réponde à l’immense gratuité de Dieu. Et justement, l’eucharistie auquel nous participons chaque semaine, manifeste combien notre vie chrétienne s’enracine, s’alimente et s’achève dans « l’action de grâce » pour la vie que le Christ Jésus ne cesse de nous donner en surabondance chaque jour que nous vivons. Oui, mes frères, ne soyez pas comme les neuf lépreux, car l’homme guéri, c’est vous, c’est moi. Mais attention à votre chemin : c’est vers Jésus-Christ qu’il faut toujours revenir pour guérir encore, pour apprendre à « adorer le Père en Esprit et en vérité. »

Mes amis, ne soyez pas des ingrats de l’amour de Dieu !
Amen

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 15:08

Le nouveau Saint-Luc Infos trimestriel est paru.

Sommaire du n°171 :

  • La "passation de pouvoir"
  • Hommage à Bernard Combes
  • Nouvelles de la Communauté
  • Nos joies
  • La multiplication des pains ou un monde à venir ?

Téléchargez : SLI171

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 09:30

Pfou,

Ça décoiffe aujourd’hui !

En gros le Royaume des cieux c’est une vraie cour des miracles à la Victor Hugo dans Notre Dame de Paris, ce n’est plus du tout la version idyllique du Jardin d’Eden ou de la Jérusalem Céleste : Il n’y a que des estropies, des éclopés, des manchots et des borgnes, d’après l’évangile de Marc, et que des pauvres, mais des vrais d’après Saint-Jacques !

En plus de cela si on prête un peu attention à la réplique de Moïse dans la 1ère lecture (je dois souligner que celle de Jésus dans l’Evangile est du même tonneau), René Guyon doit placer ça dans la catégorie des Midrash, sujet qu’il doit traiter dans ses conférences prévues à partir du 14 Novembre à 16h30 ici même et auxquelles nous sommes tous cordialement invités, cela dit en passant.

Ca n’est pas parce que l’on ne fait pas partie du 1er Cercle (à notre époque il y a peu de temps, on aurait dit : pas invité au Fouquet’s) que l’on n’a pas le droit de parler ou de faire le Bien au Nom de…

Grosso modo après avoir lu ces textes J’ai bien peur de ne pas avoir ma part dans le Royaume des Cieux.

J’ai toute mon intégrité physique, je vois bien, j’entends à peu près bien et sur le plan matériel, d’accord je n’ai pas eu droit quand j’ai pris ma retraite à des indemnités totalement folles comme certain dernièrement mais j‘ai le clôt et le couvert et je peux prendre ma voiture pour aller au super marché ou n’importe où, d’ailleurs quand bon me semble.

Donc pour moi tout allait bien jusqu’à maintenant et pourtant …

C’est vrai que Jésus nous le redit en permanence et que les évangiles le relatent à satiété : regardez les lis des champs, les oiseaux dans le ciel etc., etc.…

N’amassez rien de périssable.

Au Jeune Homme riche Jésus répond : « Vas vends tous tes biens et suis moi ».

Mais le jeune homme ne répond pas à cet appel (mais, moi non plus je ne réponds pas trop à ce genre d’appel) alors…

Alors ? Alors la réponse à ma crainte d’être exclu du Royaume est peut être bien cachée là, dans ce récit du Jeune Homme Riche car il se termine ainsi :

Les disciples lui demandent qui peut donc être sauvé? Jésus les regarda, et leur dit: Aux hommes cela est impossible, mais à Dieu tout est possible.

Donc en ce qui concerne le Lettre Saint-Jacques je me sens un peu rassuré, mais pour en revenir au texte principal, l’évangile c’est un peu plus difficile d’être rassuré aussi vite.

Il y a 3 parties dans ce qui vient d’être lu

La 1ere partie rappelant le 1er texte avec des disciples qui trouvent scandaleux qu’un étranger (nous avons vu quelqu’un) se permette de faire des miracles en ton nom…, et Jésus de remettre en place le cafteur. On entendrait presque Jésus dire « Lui au moins travaille pour l’avènement du royaume de mon Père et n’est pas là assis à m’écouter, attendant que le royaume de Dieu tombe tout cuit du ciel »

En gros c’est ce qui est rapporté dans la 1èere lecture :

Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes !

En lisant ces quelques mots on sent comme une grande lassitude chez Moïse, décidemment les Juifs sont vraiment gens pleins d’humour.

La dernière partie nous exhortant à l’auto mutilation pour éviter la Géhenne mais c’est une automutilation qui ne concerne que la moitié des organes cités 1 œil, 1 main, 1 pied et c’est sûr que si on se coupe les 2 pieds on va avoir du mal à suivre Jésus (non là je vais un peu loin - enfin …si je peux dire …)

Mais cet œil, cette main, ce pied sont des éléments de grand confort et que procure la richesse sinon le confort ?

Donc en prenant ces paroles comme des métaphores, ce passage devient beaucoup plus lisible et on peut retourner la proposition : si tu veux entrer dans le Royaume des cieux en bon état préoccupes toi de suivre mes commandements et surtout aimes ton prochain.

Entre ces 2 morceaux il y a la phrase qui tue dans ces moments que nous vivons tous

« Celui qui est un scandale, une occasion de chute pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer ». Qu’on le jette à la mer ! Comme c’est douloureusement d’actualité, mais ce n’est pas celui qui est cause de scandale qui est à la mer c’est malheureusement l’Autre, le petit.

Notre monde est dans cette phrase et alors que j’écris ces lignes François le Pape ne s’est pas encore exprimé aux Nations unies mais je ne doute pas un seul moment qu’il ne parlera pas que de la Pluie et du Beau Temps (dérèglement climatique oblige) mais qu’il parlera aussi des personnes déplacées, qu’elles le soient pour des raisons de survie face à la folie guerrière ou pour des raisons de survie face à la détérioration de leur milieu naturel.

Je ne voudrais pas faire de politique mais je vais en faire quand même

Personnellement je trouve scandaleux de faire une différence entre mourir sous les balles et mourir de faim et c’est nous, nous les nantis, les éduqués qui avons les moyens pour que notre monde évolue dans le sens voulu par Dieu ! Il nous a confié sa Création pour sa plus Haute Gloire pas pour notre plus vil goût de possession, de puissance et de domination

Et finalement c’est ce qui nous est donné dans les lectures du Jour :

1 Vous n’êtes pas les seuls dépositaires de la Vérité et vous n’avez pas à remettre en cause la Bonne Foi de ceux qui ne font pas partie de votre « famille » (bonjour au Bon Samaritain au passage)

2 Arrêtez de ne penser qu’à vous à votre confort votre Bien être et à votre petite vie bien douillette.

3 l’Humanité frappe à votre porte : essayez de vite retrouver la clé qui ouvre la serrure de cette porte

Denis Pophillat

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Des livres à lire

Coresponsabilité en Église
Livre tiré du Colloque que nous avons organisé en 2009
(en vente à Saint-Luc)

 

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Pentecôte 2008
La Communauté Saint-Luc de Marseille
a fêté ses "40 ans"

 

Qui sommes-nous ?

 

 

ESPACE SAINT-LUC

Communauté Catholique

231 Rue Saint-Pierre

13005 Marseille

Métro Timone

Tel 0952193599

Mel stluc@stluc.org

Blog : http://stluc.over-blog.com

 

Saint-Luc est une communauté catholique de laïcs du Diocèse de Marseille prête à vous accueillir.

 

Messe le samedi à 18h30.
à Saint-Luc, avec des hommes et des femmes de tout Marseille, qui désirent vivre leur foi de façon responsable et fraternelle.

Nous sommes...
   

Une Église de la coresponsabilité
Des laïcs entièrement responsables de la vie de la communauté.
Coresponsabilité avec le prêtre accompagnateur.
Chacun est invité à agir selon ses capacités et ses disponibilités.

 

Une Église de libre expression
À l'Eucharistie, selon les semaines, partage d'Évangile, méditation par un laïc, libres intentions de prières, partage de vie : chacun peut exprimer ce que la parole de Dieu lui inspire.
Au P'tit déj’, un dimanche par mois, autour d'un café, libres échanges sur des sujets choisis par les participants.

 

Une Église du partage et de la rencontre
Un Plat de pâtes, un vendredi par mois, pour échanger avec un invité sur ses engagements.
Les Vendredi de Saint-Luc : une fois par mois, conférence-débat sur des sujets d'Église et de société.
À la rencontre de la Bible, un temps pour avancer ensemble dans la connaissance de la parole de Dieu.

 

Une Église solidaire et servante
Une caisse de solidarité.
Des groupes de visite aux malades et aux isolés.
Une invitation à participer aux activités de l'ACAT, du CCFD, d'ATD Quart-Monde, d'Artisans du Monde, du Mouvement de la Paix, etc.

 

Communauté Saint-Luc
Mocambi
(Responsable de Communauté)

Jean Guyon
Prêtre accompagnateur
Michel JOGUET, sj

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